La pandémie et le confinement qui a suivi ont engendré solitude et questionnements chez des employés de Republik. Pour leur permettre de changer d’air, de respirer en pleine nature et de voir leurs collègues, la direction de l’agence de publicité numérique a ouvert un bureau estival à Tremblant, en plus d’y louer un chalet.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

« Depuis mars, toutes les deux semaines, j’ai des réunions individuelles avec tous les employés, raconte Vincent Fortin, président de Republik. Pour savoir comment ils vont et ne pas manquer de situations difficiles. Ce n’est pas lors d’un appel de groupe que tu vas dire : ‟Ma grand-mère est dans un CHSLD.” »

Un constat l’a frappé : « La situation est vécue différemment [selon] qu’on vive avec un coloc dans un 5 ½ sur le Plateau ou dans le chalet familial en pleine nature. »

Lui-même installé à Tremblant depuis le printemps, il a décidé d’investir 15 000 $ pour offrir un autre environnement de travail à ses troupes, quand les règlements sur le nombre de familles différentes autorisées dans un même lieu ont changé. « J’ai calculé les économies qu’on faisait à Montréal, le café, les dépenses pour les sorties, les activités de reconnaissance, les lunchs », énumère Vincent Fortin.

Mais économies notables ou pas, le président serait allé de l’avant.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Vincent Fortin, président de Republik

Ça coûte combien un employé qui n’est pas heureux ? Bien avant la COVID-19, je pensais proposer une station créative permanente pour envoyer les gens créer dans la nature.

Vincent Fortin, président de Republik

Baptisé Republik 46N, le bureau éphémère est ainsi accessible à la vingtaine d’employés de juillet à septembre. À tour de rôle, par équipes de trois, ils s’y retrouvent pour travailler du dimanche au dimanche. Mais la direction est flexible. « Un employé est allé au chalet avec sa famille un week-end, dit Vincent Fortin. C’est cool ! »

« Je vois l’effet sur mes collègues, constate Jenève Gervais, éditrice de contenu, qui réside dans un chalet familial de Tremblant depuis le début de la pandémie… à deux minutes du bureau, mais qui tient à y venir tous les jours depuis son ouverture. « Vivre en ville en ce moment avec la canicule, sans aucune échappatoire, peut être difficile, explique-t-elle. Ici, on est déconnectés. Et les amateurs de vélo sont heureux. »

Les draps sont fournis dans le chalet, les surfaces sont désinfectées régulièrement, le ménage est assuré au départ des convives. « Toutes les mesures sanitaires sont prises », assure Vincent Fortin.

Une autre adresse renferme une salle avec deux bureaux, un bureau individuel et deux salles de conférence. Les postes de travail y sont distancés.

« Si les gens ont des symptômes, ils n’iront pas, assure le président. Avant chaque séjour, notre responsable Culture envoie une liste de règlements pour s’assurer que les gens se comportent adéquatement. On veut être bien perçus à Tremblant. »

Jenève Gervais et son patron jurent que l’efficacité au travail et la productivité ont résisté au changement de décor. « Être avec des collègues aide à la concentration, dit l’employée. Les remue-méninges sont plus efficaces que sur Zoom. On est quand même une agence de création. C’est mieux de trouver une idée sur un tableau devant soi que dans son salon. »