L’entreprise BusPatrol prévoit créer 150 emplois d’ici deux ans à Montréal

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

BusPatrol, dont le siège social se trouve en Virginie, aura son bureau à Montréal en septembre. L’entreprise ayant conçu une plateforme pour identifier les véhicules qui dépassent les autobus scolaires illégalement promet d’y créer 150 emplois d’ici deux ans.

L’accès aux ressources de l’intelligence artificielle à Montréal, la présence d’un centre de données Amazon Web Services et du manufacturier Hypertech, avec qui BusPatrol travaille, ont pesé dans la balance pour cette implantation qui nécessite un investissement de plusieurs millions de la part de l’entreprise. « On veut aussi développer le marché local », dit Jean Soulière, cofondateur et PDG de BusPatrol, et Montréalais d’origine. La société compte déjà une dizaine d’employés à Rosemère.

Après les États-Unis et l’Ontario, BusPatrol voit, en effet, les 10 000 bus scolaires qui sillonnent normalement la province comme un moteur significatif de croissance. D’autant plus que des projets-pilotes en 2016 dans plusieurs régions du Québec ont suscité un intérêt. « Non seulement on parle de plus de 150 excellents emplois créés, mais également d’une entreprise qui a une vision à long terme de ce qu’elle veut accomplir au Québec, notamment avec l’établissement d’une chaîne d’approvisionnement ici », indique par courriel Stéphane Paquet, PDG de Montréal International, qui a soutenu l’arrivée de BusPatrol à Montréal.

Motivés par le nombre effarant, à leurs yeux, de comportements dangereux, voire funestes, près des autobus scolaires et le peu d’améliorations survenues dans ce type de transport au fil des décennies, Jean Soulière et ses partenaires ont lancé BusPatrol en 2015. « Il n’y a pas beaucoup de différences entre les bus scolaires dans lesquels nous sommes montés dans notre enfance et ceux d’aujourd’hui, note le PDG. Dans nos voitures, par contre, c’est le jour et la nuit. Pourquoi ? Car on vit dans un système capitaliste où tout est basé sur le retour sur l’investissement. »

À coups de contraventions, et grâce à des caméras intelligentes qui identifient les comportements fautifs instantanément, il constate une baisse significative des gestes alarmants. « La plateforme réduit de 25 % à 30 % le nombre de contraventions, affirme Jean Soulière. Environ 90 % des gens qui en ont une n’en ont pas une deuxième. »

« On débourse pour tout »

Malgré de tels résultats, BusPatrol finance seule l’installation et l’utilisation de la technologie. « Les clients n’achètent rien, confirme Jean Soulière. Personne ne veut mettre de l’argent dans les bus scolaires… On débourse pour tout, jusqu’au papier sur lequel sont imprimées les contraventions. »

BusPatrol, qui est en lien avec les villes et les services policiers, obtient des revenus grâce aux recettes des contraventions, un pourcentage établi en moyenne à 60 % du montant de celles-ci.

Comment croître, alors, si on réduit les comportements dangereux et ainsi le nombre de constats d’infraction ? « Si on prouve que notre modèle fonctionne, on va avoir plus de clients, répond Jean Soulière. Et il y a d’autres services qu’on peut offrir. On se concentre en ce moment sur le transport scolaire, mais il y a une possibilité de diversification de nos produits et solutions technologiques pour la sécurité routière. »