Air Canada pourra être « très concurrentielle » même sans appui financier gouvernemental, a indiqué mardi son chef de la direction financière, Michael Rousseau, laissant ainsi entendre que celui-ci n’est plus aussi essentiel que par le passé.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Lors d’un évènement destiné aux investisseurs organisé par la Banque Nationale, M. Rousseau s’est d’abord montré hésitant quant au fait de savoir si son entreprise serait avantagée ou non par rapport à nombre de ses concurrents, qui ont certes reçu des aides gouvernementales, mais qui devront aussi vivre avec les obligations qui y sont attachées.

« Nous sommes certainement bien au fait de tous les programmes gouvernementaux qui existent, que ce soit en Europe, en Asie et certainement pour nos rivaux sur le marché américain, a-t-il indiqué. Ils sont tous différents, donc c’est très difficile de les comparer.

« Certains impliquent une prise de participation, certains impliquent de la dette garantie, d’autres non, certains ont de faibles taux d’intérêt, d’autres des taux élevés, il y en a pour tous les goûts.

« Nous pensons que nous pouvons quand même être très concurrentiels. Il n’y a aucun doute que nous souhaiterions que l’appui du gouvernement canadien soit plus concurrentiel, mais il y a un programme pour les grands employeurs dont on peut se servir si nécessaire, ce qui est une bonne chose.

« Oui, nous croyons que nous serons concurrentiels, grâce à la force de notre programme de fidélité, de notre flotte et de notre équipe de direction. »

M. Rousseau, qui porte également le titre de chef de la direction adjoint, s’est par ailleurs dit optimiste que le marché des voyages d’affaires reprenne rapidement, même si plusieurs craignent qu’il ne soit touché à long terme par l’utilisation accrue des téléconférences.

Personnellement, il déteste ces téléconférences, a-t-il d’abord fait savoir, avant d’ajouter que c’est aussi ce qu’il entendait dans son entourage.

« Je pense que ça va revenir et Aéroplan sera un élément important de ça. Si vous me demandiez présentement si je suis content que nous ayons acheté Aéroplan, je vous dirais : ‟Absolument !” »

Revendre ou hypothéquer une partie de ce programme, comme l’a récemment fait United aux États-Unis, fait d’ailleurs partie des nombreuses options dont dispose encore Air Canada si elle devait avoir besoin de financement additionnel pour passer au travers de la crise, a indiqué M. Rousseau. L’entreprise dispose aussi de 2,6 milliards d’actifs non grevés, principalement des avions. À cela s’ajoutent des possibilités additionnelles d’emprunts et d’émissions d’actions, ou encore le Crédit d’urgence aux grands employeurs mis sur pied par Ottawa.

Rien de tout cela ne devrait être nécessaire si les revenus repartaient à la hausse et à ce chapitre, Air Canada constate une amélioration, axée pour le moment sur les vols à l’intérieur du pays, a-t-il indiqué.

Comme son patron Calin Rovinescu jeudi dernier, il a indiqué souhaiter que le gouvernement fédéral tamise rapidement les différentes interdictions limitant les voyages internationaux.