La baisse de la consommation d’électricité a privé Hydro-Québec de revenus totalisant 81 millions depuis la mi-mars, principalement à cause de la fermeture des commerces.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Entre le 13 mars et le 10 mai, la consommation d’électricité a chuté de presque 11 % dans le secteur commercial, en raison de la fermeture des commerces jugés non essentiels, selon les chiffres fournis par la société d’État. La consommation industrielle a diminué de près de 8 %.

La hausse de la consommation résidentielle a été de 2,6 % pendant la même période, ce qui n’a pas suffi à compenser la chute dans les autres secteurs. Résultat, la consommation totale d’électricité au Québec a baissé de 5 % depuis le début de la crise de la COVID-19 jusqu’à la réouverture partielle de certaines activités au début de la semaine.

La baisse de la consommation prive Hydro-Québec de revenus de 81 millions. Il s’agit d’un manque à gagner qui tient compte de la consommation attendue à cette période-ci de l’année, qui est toujours en baisse en raison de la diminution des besoins de chauffage. Ça n’aura pas d’impact majeur sur les activités de la société d’État. « Ce qui n’a pas été consommé a été conservé dans les réservoirs », a indiqué le porte-parole Cendrix Bouchard.

L’été dernier et l’été précédent, Hydro-Québec avait dû réduire le niveau d’eau dans ses grands réservoirs remplis et se résigner à laisser couler ainsi des centaines de millions de dollars. Aucun déversement du même genre n’est envisagé cette année, malgré une chute inhabituelle de la consommation.

« Nos plus grands réservoirs sont remplis à 60 % de leur capacité, il y a de la place pour absorber la baisse de la consommation, a indiqué un autre porte-parole, Francis Labbé. La crue commence à peine dans le Nord, mais selon nos estimations, on n’aura pas besoin de déverser à moins de précipitations exceptionnelles. » La situation sera réévaluée à l’automne, a-t-il indiqué.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

La fermeture des commerces et des restaurants a entraîné une baisse de la consommation d’électricité.

La situation est plus problématique en Colombie-Britannique et au Manitoba, deux provinces qui produisent de l’hydroélectricité et où la baisse de la demande due à la crise du coronavirus force le recours à des mesures exceptionnelles. BC Hydro rapporte une baisse de la demande d’électricité de 10 %, deux fois plus qu’au Québec et deux fois plus importante que lors de la crise de 2008. L’entreprise exporte généralement ses surplus d’électricité aux États-Unis et en Alberta, mais la baisse de la demande est généralisée et l’empêche de le faire cette année.

BC Hydro doit donc fermer des centrales et laisser couler de l’eau par-dessus les barrages pour rééquilibrer sa production en fonction d’une demande réduite.

Au Manitoba, la crise a forcé Manitoba Hydro à mettre à pied 700 de ses employés. La baisse de la demande n’est pas en cause. Les mises à pied sont plutôt le résultats de la décision du gouvernement manitobain de réduire les dépenses de la province de 86,7 millions par tous les moyens possibles en raison de la pandémie. Manitoba Hydro a été mise à contribution pour générer une partie des économies attendues.

Malgré un manque à gagner de 81 millions qui risque d’augmenter dans les prochains mois, Hydro-Québec n’envisage pas de réduction de son effectif, indique la société d’État.