(Montréal) La firme WSP Global a imité de nombreuses compagnies en retirant ses prévisions pour l’exercice en raison de l’incertitude provoquée par la pandémie de COVID-19, une décision qui n’a toutefois pas inquiété les analystes financiers.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

À travers le monde, la majorité des quelque 50 000 employés de la firme d’ingénierie québécoise travaillent depuis leur domicile et plusieurs de ses services sont considérés comme essentiels, ce qui lui permet de poursuivre ses activités.

WSP a indiqué avoir noté un ralentissement pour « quelques projets » n’ayant pas été identifiés, mais que cela ne devrait pas avoir d’impact majeur sur sa performance financière au premier trimestre.

Dans une note envoyée à ses clients jeudi, au lendemain de l’annonce effectuée par l’entreprise, Chris Murray, d’Altacorp Capital, a estimé que la firme est en bonne posture pour profiter des dépenses d’infrastructures qui seront déployées par de nombreux pays afin de stimuler l’économie.

« En 2019, la compagnie a généré environ 90 % de ses revenus nets auprès de pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques », a souligné l’analyste, en ajoutant que le secteur public représentait près de 56 % du chiffre d’affaires de la société.

Au Canada, la ministre de l’Infrastructure, Catherine McKenna, fait partie des membres du cabinet qui tablent sur des plans afin de distribuer des milliards de dollars destinés à la réalisation de projets d’envergure.

Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a également souligné, dans un rapport, que les services de WSP avaient été retenus afin de lutter contre le nouveau coronavirus.

L’analyste a écrit que l’entreprise avait contribué à la mise sur pied d’une salle d’isolement à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal ainsi que pour l’assainissement d’un centre de tri du courrier dans le comté de Westchester, dans l’État de New York.

M. Poirier n’a pas modifié son cours cible pour le titre de la compagnie, qui est de 85 $.

Pour l’année financière se terminant le 31 décembre, WSP anticipait notamment des revenus nets oscillant entre 7,1 milliards et 7,4 milliards ainsi qu’un bénéfice d’exploitation ajusté variant dans une fourchette de 1,07 milliard à 1,12 milliard.

Afin de réduire ses coûts, la firme a dit avoir décidé de reporter certaines dépenses en immobilisation, sans toutefois fournir de chiffre précis.

Jeudi avant-midi, à la Bourse de Toronto, le titre de WSP cotait à 83,23 $, en recul de 1,57 $, ou 1,85 %. Depuis le 24 février, l’action de la firme n’a cédé qu’environ 8 %, par rapport à un plongeon de plus de 20 % pour l’indice composé S&P/TSX — le principal indice boursier du parquet torontois.