(New York) BlackRock est parvenu au premier trimestre à limiter les dégâts causés par la pandémie de coronavirus et aborde le reste de l’année en position de force après avoir été choisi par la banque centrale américaine (Fed) pour piloter des programmes d’aide aux entreprises.

Agence France-Presse

Le groupe dirigé par l’ancien courtier Larry Fink a attiré 35 milliards de dollars de liquidités, portant à 6470 milliards de dollars ses actifs sous gestion, seulement en baisse de 1 % sur un an, a-t-il indiqué dans un communiqué jeudi.

La société new-yorkaise a été un des grands bénéficiaires de l’instabilité sur les marchés financiers en mars, ce qui s’est matérialisé par une hausse des frais de gestion.

Le chiffre d’affaires trimestriel a, par conséquent, augmenté de 11 %, à 3,71 milliards de dollars, supérieur aux 3,63 milliards escomptés en moyenne par les analystes.

Le bénéfice net a certes chuté de 23,45 % à 806 millions de dollars, mais il a été amputé d’une somme de 589 millions versée à des organisations caritatives, a expliqué BlackRock.

« BlackRock se distingue tout particulièrement dans un environnement comme celui-ci », a déclaré Larry Fink, en référence à la crise sanitaire actuelle, qui a provoqué l’arrêt de l’activité économique aux États-Unis et entraîné des millions de chômeurs.

« Insultant »

BlackRock dispose d’un système d’évaluation des risques sophistiqué permettant de gérer l’argent.  

Ce système, baptisé Aladdin, consiste en des milliers d’ordinateurs qui surveillent et examinent chaque produit financier pour déterminer comment il pourrait être affecté par des évènements de toutes natures.  

Comme lors de la crise de 2008, les autorités américaines, séduites par Aladdin, se sont tournées vers BlackRock pour les aider à administrer des programmes d’assistance financière aux entreprises affectées par la pandémie malgré les critiques.

La société de gestion est chargée par la Fed de gérer trois programmes d’aide : un sur le rachat des dettes émises par les entreprises, un deuxième sur l’achat des crédits liés aux ETF (Exchange Traded Funds, fonds cotés en Bourse qui suivent en général l’évolution d’un indice ou d’un groupe particulier d’actifs) et un troisième sur le rachat des obligations liées à l’immobilier commercial.

Les critiques font remarquer qu’il y a des conflits d’intérêts parce que BlackRock domine, et de très loin, le marché des ETF.

« C’est insultant », a défendu jeudi Larry Fink, répondant à une question sur de potentiels conflits d’intérêts lors de la conférence téléphonique d’analyse des résultats trimestriels.

Il a insisté sur le fait que la Fed avait sollicité la branche de BlackRock spécialisée dans les conseils financiers aux gouvernements, aux grands investisseurs et aux banques centrales.

« Il n’a jamais été question de soutenir telle ou telle (partie du) marché (financier) ni d’utiliser tel ou tel outil (financier) », a argumenté le dirigeant.

BlackRock a déjà fait savoir que la société ne serait pas rémunérée sur la partie ETF de son arrangement avec la Réserve fédérale.

Outre la Fed, Larry Fink a aussi indiqué jeudi que BlackRock apportait ses conseils financiers à d’autres banques centrales afin de « faciliter l’efficacité des marchés et de soutenir l’économie mondiale ».