(Montréal) Le spectre d’une nouvelle paralysie du gouvernement américain n’inquiète pas CGI, alors que la multinationale québécoise entame un plan stratégique visant à doubler sa taille d’ici les cinq à sept prochaines années.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Plus tôt cette semaine, le président Donald Trump, visé par une enquête de destitution, ne s’est pas engagé à maintenir les activités du gouvernement fédéral au-delà de l’échéance fixée à la fin novembre entourant une entente de financement.

Il pourrait ainsi s’agir d’un deuxième arrêt des activités à Washington en moins d’un an. La dernière paralysie avait débuté le 22 décembre et s’était poursuivie pendant 35 jours.

« Je vous rappelle que la majorité de notre travail (avec le gouvernement fédéral) est considérée comme essentielle, a commenté le président et chef de la direction de CGI, Georges Schindler, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre. Lorsqu’un gouvernement suspend ses activités, cela ne veut pas dire que tout le monde cesse de travailler. »

Pour l’exercice terminé le 30 septembre, les États-Unis ont représenté 28 % des revenus de la firme montréalaise spécialisée dans les technologies de l’information et les services-conseils, qui se sont établis à 12,1 milliards.

Les recettes attribuables au gouvernement fédéral américain se sont chiffrées à 1,62 milliard.

« Il n’est pas clair que cela (la paralysie du gouvernement) est probable, mais il est difficile de déterminer ce qui est probable en politique, a répondu M. Schindler, interrogé sur la question par un analyste financier. Lors des fermetures précédentes, l’incidence (négative) sur nos activités a été très petite. »

En croissance

CGI a livré des résultats conformes aux attentes au quatrième trimestre, pour lequel elle a engrangé un bénéfice net de 324,1 millions, ou 1,19 $ par action, en hausse de 10,5 %. En devises constantes, les revenus ont totalisé 2,96 milliards, en hausse de 5,7 %.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté par action de CGI a été de 1,21 $, par rapport à 1,09 $ au quatrième trimestre il y a un an. Cette performance correspondait à l’estimation moyenne des analystes établie par la société de données financières Refinitiv.

« En ne tenant pas compte des acquisitions, la croissance interne des revenus a été d’environ 4,4 %, alors qu’elle avait été de 3,6 % (par rapport au même trimestre l’an dernier), a souligné dans une note l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux. Cette accélération est encourageante, à notre avis. »

À la Bourse de Toronto, l’action de catégorie A de CGI a clôturé à 104,71 $, en hausse de 2,65 $, ou 2,6 %.

Par ailleurs, la multinationale a annoncé qu’elle fermerait son centre de service situé au Brésil, où travaillent actuellement environ 400 personnes. Cet actif avait été acquis dans la foulée de l’achat de Logica, en 2012.

Interrogé, le grand patron de CGI a indiqué que la société comptait délaisser l’Amérique latine pour se concentrer davantage sur l’Europe, un marché où elle est considérablement plus présente et qui présente de meilleures occasions d’affaires.

« Étant donné les risques et la demande décroissante […] et en raison des occasions ailleurs en Europe, nous avons pris cette décision », a dit M. Schindler.

Pour l’exercice, CGI a engrangé des profits nets de 1,26 milliard, ou 4,55 $ par action, en progression de 10,5 %, tandis que ses revenus ont totalisé 12,1 milliards, en hausse de 5,9 % en devises constantes. Sur une base ajustée, le bénéfice a grimpé de 7,43 %, s’établissant à 1,3 milliard, ou 4,70 $ par action.

À la fin septembre, le carnet de commandes de CGI — qui compte quelque 77 500 employés — totalisait 22,61 milliards, alors qu’il était de 22,57 milliards au terme de l’exercice financier précédent.