(Détroit) Le syndicat United Auto Workers a annoncé que les quelque 49 000 travailleurs des usines de General Motors aux États-Unis déclencheront dimanche soir, juste avant minuit, une grève à la suite de l’échec des dernières négociations pour une nouvelle convention collective.

Tom Krisher
Associated Press

Environ 200 dirigeants syndicaux locaux ont voté à l’unanimité en faveur d’un débrayage lors d’une réunion dimanche matin à Detroit. Les dirigeants syndicaux ont déclaré que les parties étaient toujours éloignées sur plusieurs questions majeures. Ils n’ont pas été convaincus par une offre patronale de fabriquer des nouveaux modèles dans deux des quatre usines qu’elle prévoyait fermer, a indiqué une source bien informée.

Il est encore possible que les négociateurs reviennent à la table des négociations et concluent un accord, mais le porte-parole du syndicat, Brian Rothenberg, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il serait peu probable qu’on puisse s’entendre sur autant de litiges avant 23 h 59.

GM avait proposé vendredi de construire une nouvelle camionnette 100 % électrique dans une usine de Detroit qui devrait fermer ses portes l’année prochaine. Le constructeur a également proposé d’ouvrir une usine de batteries de véhicules électriques à Lordstown, dans l’Ohio, où il possède déjà des installations qui ne fabriquent plus de voitures. La nouvelle usine viendrait s’ajouter à la proposition de fabriquer des véhicules électriques pour une société appelée Workhorse, a précisé une source.

On ignore combien de travailleurs les deux usines emploieraient. Les fermetures, en particulier celle de l’usine de l’Ohio, pourraient représenter un enjeu à l’occasion de la campagne présidentielle de 2020. Le président Donald Trump a souvent condamné les mesures de la compagnie et réclamé la réouverture de l’usine de Lordstown.

Les coûts de main-d’œuvres demeurent les principaux sujets de litige.

GM a réalisé d’importants bénéfices, 8 milliards l’an dernier seulement, et les travailleurs veulent une part plus importante du gâteau. Le syndicat réclame des augmentations de salaire annuelles pour protéger ses membres du ralentissement économique, mais l’entreprise préfère payer des montants forfaitaires liés aux revenus. Les constructeurs automobiles ne veulent pas de coûts fixes plus élevés.

Le syndicat souhaite également que l’entreprise fabriquent de nouveaux produits dans les quatre usines devant fermer leurs porters. La décision de GM a vivement contrarié certains travailleurs, même si une grande majorité des personnes licenciées ont obtenu un emploi dans d’autres installations de la compagnie.

L’entreprise veut combler l’écart des coûts de main-d’œuvre entre les elle et ses concurrents étrangers. Actuellement, le salaire moyen d’un travailleur de GM est de 63 $ l’heure si on compte les avantages sociaux, comparativement à 50 $ dans une usine d’une société à capitaux étrangers.

Les constructeurs américains veulent aussi réduire les coûts des régimes d’assurance-maladie dont bénéficient les travailleurs.