(New York) Deux des plus grands groupes de presse des États-Unis ont accepté de s’associer dans l’espoir que cela puisse les aider à traverser les difficultés d’une industrie confrontée au déclin des éditions imprimées.

Associated Press

GateHouse Media, une chaîne financée par une firme d’investissement, offre de racheter Gannett, le propriétaire du « USA Today », pour 12,06 $ par action. La transaction en espèces et en actions est évaluée à environ 1,4 milliard US. La société fusionnée compterait plus de 260 quotidiens aux États-Unis, ainsi que plus de 300 hebdomadaires.

Ensemble, les deux groupes formeraient, et de loin, la plus grande société de journaux aux États-Unis, avec un tirage imprimé de 8,7 millions d’exemplaires. Le nouveau numéro 2, McClatchy, ne profite que d’un tirage d’environ 1,7 million d’exemplaires, selon l’expert en médias Ken Doctor.

Les deux entreprises ont fait valoir lundi que cet accord permettrait de réduire leurs coûts de 300 millions US par an et d’accélérer leur transformation numérique.

La consolidation des journaux s’est accélérée alors que les journaux locaux ont du mal à développer les activités numériques et à contrebalancer le déclin des publicités imprimées et des tirages. Bien que des journaux avec des lecteurs nationaux tels que le « New York Times » et le « Washington Post » aient eu du succès en ajoutant des abonnés à leurs activités numériques, les journaux locaux avec des lectorats locaux ont plus de difficultés. Des centaines d’entre eux ont mis fin à leurs activités et plusieurs salles de rédaction ont coupé dans leur main-d’œuvre.

Selon une étude de l’Université de Caroline du Nord, les États-Unis ont perdu près de 1800 journaux locaux depuis 2004. Selon Pew Research, le nombre d’emplois dans les salles de rédaction a diminué du quart entre 2008 et 2018, et les mises à pied se sont poursuivies cette année.

GateHouse et Gannett sont tous deux connus pour avoir acheté d’autres papiers. Le regroupement permet aux entreprises de réduire leurs coûts, y compris à l’aide de mises à pied dans les salles de rédaction, et de centraliser leurs activités.

Plusieurs experts ont déclaré qu’ils ne s’attendaient pas à ce que le ministère de la Justice ait un problème avec l’accord, car les deux sociétés ont des journaux dans différents marchés.