Une semaine après avoir révisé ses prévisions financières pour 2019 en raison de difficultés avec certains projets de sa division Transport, ce qui a fait plonger le titre, la direction de Bombardier laisse planer le doute sur ses prévisions de 2020, entraînant du coup un nouveau plongeon. 

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’action de Bombardier a chuté de 10 % à l’ouverture des marchés, avant de reprendre du terrain.  

Soumis à des questions plus corsées qu’à l’habitude lors de la conférence téléphonique trimestrielle avec les analystes financiers, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, et son chef de la direction financière, John Di Bert, ont tous les deux indiqué que les prévisions de 2020 ne tenaient plus.

M. Bellemare a toutefois précisé qu’il considérait les données qui avaient déjà été fournies pour 2020 comme des cibles, plutôt qu’une prévision formelle.

« Ce n’était pas des prévisions. Elles étaient là pour motiver l’équipe et aider à faire de l’entreprise une organisation de calibre mondial. Elles étaient là parce que nous pensions que nous pouvions les atteindre. La raison pour laquelle nous sommes prudents aujourd’hui, c’est que nous voulons d’abord voir comment vont se développer les projets chez Bombardier Transport. »

Des prévisions formelles ne viendront qu’en fin d’année 2019, comme l’entreprise le fait à chaque fin d’année en vue de l’année suivante, a précisé M. Di Bert.

Cinq projets de train posent problème à Bombardier. Trois d’entre eux devraient être complétés cette année : un à New York et deux à Londres (LoTrain et Crossrail). Les deux autres, en Allemagne et en Suisse, pourraient se poursuivre jusqu’en 2020 et même 2021, a indiqué M. Bellemare.

Le dégraissage se poursuit

Par ailleurs, le dégraissage se poursuit chez Bombardier, qui met en vente ses usines de fabrication de composantes situées Belfast, en Irlande du Nord, ainsi qu’au Maroc en plus de regrouper ses activités aéronautiques en une entité.

À terme, c’est quelque 3900 employés qui devraient passer dans le giron d’un éventuel acheteur. Cela signifie aussi que Bombardier cessera de construire les ailes de l’A220, l’ancienne C Series désormais contrôlée par Airbus.

En publiant ses résultats du premier trimestre, jeudi l’entreprise a ainsi annoncé la création de Bombardier Aviation, qui regroupera les activités des jets d’affaires ainsi que des appareils régionaux CRJ. Cette division relèvera de David Coleal, qui dirigeait jusqu’ici la division des avions commerciaux.

« Il s’agit de la bonne prochaine étape de notre transformation, a indiqué le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, dans un communiqué. La consolidation des activités aéronautiques simplifiera notre structure. »

Selon Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, les ventes d’usine et la consolidation des activités aéronautiques suggère qu’il devrait y avoir d’autres réductions de coûts au sein de la multinationale.

Après avoir abaissé ses prévisions de bénéfices et de revenus pour l’exercice 2019 la semaine dernière, le constructeur d’avions et de trains a affiché de trains a affiché, au premier trimestre, une performance conforme à ce qui avait été signalé la semaine dernière.

Pour la période de trois mois terminée le 31  mars, le bénéfice net a été 239  millions US, ou huit cents US par action, par rapport à un profit net de 44  millions US, ou un cent US par action, au premier trimestre l’an dernier.

Cette hausse s’explique principalement à un gain non récurrent de 516  millions attribuable à la vente d’activités de formation-ce qui avait été annoncé dans le cadre d’une autre restructuration en novembre dernier.

Pour leur part, les revenus se sont contractés de 13 %, à 3,52 milliards US.

Abstraction faite des éléments non récurrents, Bombardier a affiché une perte ajustée de 122  millions US, ou sept cents US par action, alors qu’au premier trimestre l’an dernier, le bénéfice ajusté avait été de 35  millions US, ou un cent US par action.

Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur une perte ajustée d’un cent US par action sur un chiffre d’affaires de 3,62  milliards US.

Bombardier rencontrera également ses actionnaires dans le cadre de son assemblée annuelle, jeudi avant-midi, à Montréal.

- Avec La Presse canadienne