Les chaussures Aldo que porteront les consommateurs au cours des prochaines années pourraient bien provenir du Viêtnam, du Cambodge et même du Brésil. Résultat de la guerre commerciale que se livrent la Chine et les États-Unis, Aldo a l'intention, d'ici 2022, de réduire sa production sur le sol chinois pour se tourner vers d'autres pays.

Publié le 9 avr. 2019
NATHAËLLE MORISSETTE LA PRESSE

À l'issue d'un discours prononcé à Montréal hier à l'invitation du Cercle canadien, le président-directeur général du groupe Aldo, David Bensadoun, a indiqué que son entreprise réduirait ses activités de fabrication en Chine au cours des prochaines années. De 80 % l'an dernier, l'entreprise ne produira que 50 % de ses chaussures dans ce pays d'ici trois ans.

« Imaginez si Trump reste et que les "Trump tarifs" restent [en place], c'est très dispendieux pour nos clients aux États-Unis, soutient M. Bensadoun. Pour ne pas être victimes des problèmes politiques, on va avoir plus de diversification, comme ça, on peut réagir. »

Pour l'instant, les tarifs touchent les sacs à main et les accessoires. David Bensadoun craint toutefois que les chaussures s'ajoutent à la liste.

Pays concurrentiels

La Chine fait maintenant face à plusieurs concurrents capables de produire des chaussures à un coût abordable, a également affirmé le grand patron d'Aldo. Voilà pourquoi il a l'intention de produire davantage au Viêtnam et au Cambodge, où l'entreprise a déjà des activités, ainsi qu'au Brésil. D'autres pays européens sont également dans la ligne de mire d'Aldo.

« Cette idée que l'on travaille en Chine parce que c'est moins cher pour la main-d'oeuvre, ce n'est pas vrai, assure-t-il. Les usines en Chine paient [leurs employés] 250 euros par mois et au Portugal, [elles] paient 400 euros par mois. » Selon lui, la Pologne, le Portugal et la Roumanie sont également des pays concurrentiels.

Fermeture de 5 % des magasins

Par ailleurs, l'entreprise montréalaise assure que sur les 725 magasins qui lui appartiennent - sans tenir compte des franchisés - au Canada, aux États-Unis, en France, en Angleterre et en Irlande, seulement 5 % fermeront leurs portes. 

« On a presque terminé, souligne M. Bensadoun. Il nous reste à fermer 5 % [de nos boutiques] et on va en ouvrir un autre 5 %. » À Montréal, par exemple, Aldo compte des boutiques à la Place Versailles, aux Galeries d'Anjou, au Centre Rockland et à la Place Vertu. Et elles ne pourront pas toutes demeurer ouvertes. Impossible pour le moment de savoir quelles succursales seront touchées par ces changements.

Temps d'approvisionnement

Aldo veut se comparer aux géants en ce qui a trait au temps de livraison de ses produits. « Ça nous prend seulement 24 heures, souligne fièrement le patron de l'entreprise. Amazon est à 22 [heures]. J'ai l'intention de couper trois heures l'année prochaine », dit-il en riant, ajoutant du même coup qu'il souhaiterait faire mieux qu'Amazon. Rappelons que les boutiques Aldo possèdent presque toutes des mini-entrepôts leur permettant de répondre rapidement aux besoins de leur clientèle, peu importe si elle achète en ligne ou en boutique.