Les 900 travailleurs de l’Aluminerie ABI, à Bécancour, retourneront au travail après 18 mois de lock-out. Les employés ont accepté à 79,77% l’offre patronale ce matin lors d’une assemblée générale.

Thomas Dufour
La Presse

Dans la même foulée, le président du syndicat de l’usine, Clément Masse, a démissionné.  Il croit que les travailleurs ont accepté parce qu’ils étaient épuisés. «C’est certainement pas parce qu’ils sont satisfaits du contrat».

Le président du syndicat s’est dit déçu du manque d’appui de l’Assemblée nationale. «Le premier ministre est venu discréditer les travailleurs en ne mentionnant que leur salaire dans le cadre des négociations, a dit M. Masse. Il est venu monter la population contre les travailleurs. C’est très décevant».

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Les travailleurs se sont présentés à l’hôtel Delta à Trois-Rivières pour le vote.

L’offre patronale incluait trois conventions collectives et un plan de retour au travail d’ici la fin juillet.

Les travailleurs se sont présentés ce matin à l’hôtel Delta à Trois-Rivières pour le vote. La semaine dernière, la direction a déposé une offre finale et un plan de retour au travail. En cas de refus, l’administration comptait suspendre la totalité des activités de l’usine.

Le syndicat des Métallos avait suggéré à ses membres de refuser l’offre patronale. «On considérait que c’était un contrat qui ne respectait pas nos travailleurs», a dit Clément Masse. Le syndicat trouvait l’offre moins intéressante que la première proposée en décembre 2017, notamment en ce qui a trait au régime de retraite.

Il s’agissait de la quatrième offre proposée par l’employeur. La première avait été rejetée à 97% et la seconde à 80%. ABI avait lancé un ultimatum en mars dernier, qualifiant la troisième offre de finale. Elle avait été rejetée à 82%. 

Une bonne partie de l’économie de Bécancour dépend de l’usine qui a généré des retombées de 618 millions en 2015, selon un rapport produit par Alcoa, propriétaire principal de l’usine.