Le conflit judiciaire opposant Bombardier à Mitsubishi s'envenime d'un cran. La multinationale japonaise, qui travaille au développement d'un avion concurrent du CRJ de Bombardier, accuse cette dernière de pratiques illégales et anticompétitives pour l'empêcher d'arriver à ses fins.

Mis à jour le 28 janv. 2019
JEAN-FRANÇOIS CODÈRE LA PRESSE

Le géant québécois avait déposé en octobre dernier, devant la Cour fédérale des États-Unis à Seattle, une poursuite accusant certains de ses ex-employés, maintenant à l'emploi de Mitsubishi, de lui avoir volé des secrets industriels. Mitsubishi et le sous-traitant AeroTEC, étaient aussi pris à partie.

Ces employés, racontait Bombardier, se seraient notamment envoyé des documents confidentiels liés au processus de certification des appareils CSeries, aujourd'hui appelés A220, à une adresse courriel personnelle quelques jours avant leur départ. Mitsubishi est justement impliquée dans le processus de certification de son Mitsubishi Regional Jet (MRJ), qui pourrait devenir un concurrent direct du Canadair Regional Jet (CRJ) de Bombardier.

Dans une requête déposée ce soir devant le même tribunal, c'est cette fois Mitsubishi qui poursuit Bombardier.

«Nous estimons que, depuis la fin de 2015, Bombardier a menacé, intimidé et cherché à contraindre Mitsubishi, notre filiale américaine et certains de nos employés travaillant pour le programme MRJ», avance l'entreprise dans un billet de blogue diffusé au même moment, en français.

«Si Bombardier prétend que sa poursuite est liée à des allégations d'appropriation illicite d'un secret industriel, poursuit-elle, nous soutenons que ces allégations n'ont aucune valeur factuelle ou juridique. Nous sommes plutôt d'avis que les menaces de Bombardier et le présent litige servent un but différent : retarder l'arrivée du MRJ sur le marché.»