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Un salon sans éclat pour Bombardier

Son produit-vedette, la CSeries, toujours cloué au sol,... (PHOTO LEON NEAL, AFP)

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Son produit-vedette, la CSeries, toujours cloué au sol, Bombardier n'a pas fait beaucoup de vagues au Salon aéronautique de Farnborough, qui se termine dimanche. Ci-dessus : des modèles réduits d'avions de Bombardier.

PHOTO LEON NEAL, AFP

Marie Tison

Envoyée spéciale

La Presse

(FARNBOROUGH) Bombardier n'a pas fait grand bruit au Salon aéronautique de Farnborough, cette année. Pas de nouveau produit, pas de grosses commandes fermes. Et un produit vedette en panne: la CSeries est toujours clouée au sol à la suite de l'explosion d'un moteur lors d'essais au sol, le 29 mai dernier.

Bombardier et le motoriste Pratt&Whitney ont minimisé l'incident, mais il reste que l'appareil ne vole pas. L'avionneur aurait aimé être en mesure de le présenter à Farnborough.

L'exposition, qui se déroule en banlieue de Londres, se termine dimanche, mais l'essentiel des rencontres d'affaires a eu lieu au cours des premiers jours.

Le président de Bombardier Avions commerciaux, Mike Arcamone, a toutefois souligné que l'entreprise n'avait jamais promis la présence de la CSeries. «Si nous l'avions fait, tout le monde aurait été déçu», a-t-il déclaré à La Presse Affaires.

Le monde de l'aéronautique voulait également voir si Bombardier parviendrait à annoncer de nouvelles commandes importantes de CSeries. L'avionneur a souvent expliqué qu'il annonçait les commandes lorsqu'il les recevait et que cela ne coïncidait pas nécessairement avec les salons.

Effectivement, Bombardier n'a inscrit que cinq avions à son carnet de commandes au cours du salon, soit deux appareils CS300 (le plus gros de la famille CSeries) et trois appareils turbopropulsés Q400.

L'avionneur a toutefois sauvé la mise avec deux importantes lettres d'intention: la société de crédit-bail britannique Falko en a signé une pour 24 appareils CS100, et la société aérienne chinoise Zhejiang Loong Airlines en a signé une pour 20 appareils CSeries.

Les concurrents sont plus heureux

Les concurrents de Bombardier dans le monde de l'aviation commerciale, Embraer et ATR, ont eu plus de succès.

ATR a ainsi annoncé une commande ferme de 25 appareils turbopropulsés assortie d'options sur 50 appareils supplémentaires, et Embraer a reçu une commande ferme de 50 biréacteurs E2 assortie d'options sur 50 appareils supplémentaires.

En conférence de presse hier matin, Airbus s'est targué d'avoir reçu des commandes fermes pour 496 appareils, d'une valeur de 75,3 milliards de dollars américains au prix courant.

Le géant européen a notamment reçu 121 commandes fermes d'A330 NEO, un appareil lancé lundi. «En quatre jours, c'est un record», a déclaré hier le chef de l'exploitation d'Airbus, John Leahy.

Cela fait déjà quelques années que Bombardier n'éblouit pas lors des grands salons aéronautiques internationaux que sont Farnborough et Le Bourget. L'avionneur a pu à quelques reprises se racheter avec de belles commandes dans le secteur de l'aviation d'affaires. À Farnborough, cette année, Bombardier n'a même pas parlé de ce secteur, bien qu'il ait exposé trois biréacteurs d'affaires, le Learjet 75, le Challenger 605 et le Global 6000.

Le salon de Farnborough n'est toutefois pas orienté sur l'aviation d'affaires, et Bombardier préfère faire ses grandes annonces au cours d'événements plus spécialisés, comme le congrès de la National Business Aviation Association.

Les revenus de Bombardier Aéronautique ont légèrement diminué au premier trimestre 2014 par rapport au même trimestre de l'année précédente, soit 2,1 milliards de dollars US par rapport à 2,3 milliards US. La marge bénéficiaire est demeurée sensiblement la même, à 4,5%.

Toutefois, le carnet de commandes a atteint un record, soit 38,5 milliards US au 31 mars 2014. Au 31 décembre 2013, il était de 37,3 milliards US.

La discrétion des québécoises

Les entreprises québécoises se sont faites relativement discrètes, au Salon aéronautique de Farnborough.

Pratt&Whitney Canada n'a procédé à aucune annonce.

Bell Helicopter a publié des communiqués de presse pour souligner la vente de sept appareils 429 à la police nationale de Suède et la vente d'un premier 429 en France. Le Bell 429 est construit à l'usine de Bell Helicopter Textron Canada, à Mirabel.

De son côté, CAE a annoncé l'obtention d'un contrat de formation des pilotes de la CSeries, dans le cadre d'une coentreprise formée avec Lufthansa Flight Training. La discrétion de CAE est particulièrement frappante. Traditionnellement, à Farnborough ou au Bourget, le fabricant de simulateurs de vol loge dans un chalet, c'est-à-dire un bâtiment à l'extérieur des halls d'exposition. Cette année, des compressions budgétaires l'ont amené à laisser tomber le chalet et à s'installer dans un simple stand dans un hall d'exposition.

Tout le contraire s'est produit pour Héroux-Devtek. Le fabricant de trains d'atterrissage loue généralement un petit espace dans un hall pour présenter ses produits. Cette année, il a hérité du vaste stand du fabricant de trains d'atterrissage britannique APPH, qu'il a acquis plus tôt cette année. Les dirigeants d'Héroux-Devtek s'attendent toutefois à retrouver leur modestie habituelle l'année prochaine au Bourget.

Héroux-Devtek n'a pas procédé à de grandes annonces cette année, mais il a tenu à souligner le renouvellement de deux contrats pluriannuels importants: la fabrication du train d'atterrissage du Twin Otter de Viking Air, un contrat de 20 millions de dollars qui devrait se poursuivre jusqu'en 2018, et la fabrication de moyeux de rotors de divers appareils de Bell Helicopter. Héroux-Devtek fabriquera notamment le moyeu de rotor du tout nouveau Bell 505. Le contrat de cinq ans a une valeur de 46 millions.

Qu'est-ce qu'une lettre d'entente?

Une lettre d'entente résume les paramètres principaux d'une transaction. Il ne s'agit pas d'un contrat définitif: une telle lettre démontre un réel intérêt à conclure la transaction, mais celle-ci est sujette à l'obtention d'informations additionnelles ou l'exécution de certaines conditions. Une lettre d'intérêt n'est généralement pas contraignante, sauf en ce qui concerne certains éléments, comme l'obligation de ne pas divulguer certaines informations.




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