Après SNC-Lavalin (T.SNC), c'est au tour de Bombardier Aéronautique (T.BBD.B) de voir son nom cité dans la presse algérienne dans le cadre du gigantesque scandale de corruption au sein de Sonatrach, société d'État responsable de la gestion des hydrocarbures en Algérie.

Fabrice de Pierrebourg LA PRESSE

Les autorités algériennes s'intéresseraient désormais aux conditions dans lesquelles la firme montréalaise Bombardier a remporté, en 2006 et en 2007, deux contrats de vente de quatre avions Dash-Q400 puis de quatre Dash-Q200 à la société Tassili Air Lines, filiale à 100% de Sonatrach. C'est en tout cas ce que rapporte le site d'information Algérie1, qui se base sur des «sources sûres».

Comme dans le cas de SNC-Lavalin, on se questionnerait sur le rôle joué par l'intermédiaire montréalais Farid Bedjaoui. Ce richissime play-boy, neveu de l'ex-ministre des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui, fait déjà l'objet d'une enquête de la justice italienne et algérienne pour des pots-de-vin qui lui auraient été versés par plusieurs firmes étrangères. C'est grâce à cet agent d'affaires controversé que SNC-Lavalin aurait obtenu des contrats d'une valeur d'un milliard de dollars en Algérie.

Le média algérien rappelle qu'en 2006, déjà, le premier contrat signé en présence de Pierre Beaudoin, président et chef de la direction de Bombardier, et attribué à la suite d'un appel d'offres public, avait fait l'objet de soupçons. On le considérait en effet comme «ni conforme ni transparent».

À l'époque, le directeur de l'exploitation de Tassili Airlines a affirmé qu'il avait «choisi l'avion de ligne Bombardier Q400 en raison de ses caractéristiques exceptionnelles en matière d'économie de carburant, de vitesse et de confort des passagers» et «de grande fiabilité sous le climat nord-africain».

Avec ce contrat de 103 millions US, Bombardier réalisait une première percée en Algérie, marché dominé jusque-là par Airbus, Boeing et ATR. Tassili Airlines possède 12 appareils, dont ces 8 Bombardier.

Bombardier Aéronautique a indiqué hier à La Presse que la société ne connaît pas Farid Bedjaoui et n'a jamais eu recours à ses services. «Nous avons vendu nos huit avions à Tassili directement», assure Marc Duchesne, porte-parole de l'avionneur, qui n'a par ailleurs pas souhaité commenter les allégations entourant ces deux contrats.