Même si le gouvernement chinois a ralenti ses projets de trains à grande vitesse, les perspectives sont particulièrement intéressantes pour Bombardier Transport en Chine.

Marie Tison LA PRESSE

«Bombardier est bien positionnée pour de nouvelles commandes dans le secteur des trains et il y a des occasions importantes dans d'autres secteurs du transport», écrit l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, dans un rapport résumant ses impressions après une tournée organisée par Bombardier en Chine.

Le début de l'année 2012 n'a toutefois pas été propice pour Bombardier Transport dans l'Empire du Milieu. Suite à un important accident de train à haute vitesse (qui n'impliquait nullement Bombardier) en juillet 2011, le gouvernement chinois a mis la pédale douce sur tous les nouveaux projets de ce type. Ce ralentissement a contribué à une chute de 64 % des revenus de Bombardier Transport en Asie-Pacifique au premier semestre de 2012. Bombardier devait livrer un premier train à haute vitesse Zefiro cet automne mais cette livraison a été reportée à la fin de 2013.

«Avec la récente renégociation du contrat de trains à haute vitesse avec la Chine, qui a entraîné une composition différente de la commande mais qui a conservé sa valeur (deux milliards de dollars US), les livraisons de Bombardier en Chine devraient reprendre au cours des prochains trimestres», écrit M. Doerksen.

Il note que le ministère chinois des chemins de fer n'a pas commandé de nouveaux trains à haut vitesse cette année et que certaines liaisons sont déjà à pleine capacité.

«Il est donc probable qu'il y ait de nouvelles commandes à l'horizon», écrit-il.

L'analyste entrevoit également des occasions intéressantes pour Bombardier du côté des trains de banlieue et des métros.

«Compte tenu de l'urbanisation rapide de la Chine, plusieurs grandes villes n'ont aucun système de transort en commun, ou un système sous-développé, note M. Doerksen. Les entreprises conjointes de Bombardier en Chine ont la capacité de fabriquer des voitures de trains de banlieue et de métros, ce qui devrait leur permettre de remporter une bonne porportion des nouvelles commandes.»

La signalisation constitue selon lui un autre secteur intéressant pour Bombardier.

«Les concurrents locaux sont moins développés et Bombardier est un robuste compétiteur en ce qui concerne les technologies de nouvelles générations qui seront probablement adoptées pour les nouvelles liaisons en Chine.»

La semaine dernière, un analyste qui a participé à la même tournée en Chine, Walter Spracklin, de Marchés des capitaux RBC, a exprimé de l'inquiétude au sujet de l'entreprise chinoise chargée de réaliser des sections du fuselage de la CSeries. Il a noté que Bombardier Aéronautique avait rapatrié dans ses propres installations la production initiale de la section du milieu du fuselage, laissant la production du fuselage arrière à la société chinoise SAC Commercial Aircraft Company (SACC). Il a dit craindre que ce partenaire chinois n'éprouve des difficultés avec cette section et ne retarde ainsi le premier vol de la CSeries.

Dans son rapport, Cameron Doerksen repousse cette possibilité. Il a rappelé que SACC avait déjà livré à Mirabel le fuselage arrière pour le premier avion d'essai de la CSeries et que les fuselages pour quatre autres avions d'essais étaient présentement en production.

«Ce fournisseur semble respecter l'échéancier de Bombardier, écrit-il. Toutefois, le fait de rapatrier des composants, dont la section du milieu du fuselage, a probablement augmenté les coûts de développement de la CSeries.»