La ministre du Travail, Lisa Raitt, salue la décision d'Air Canada et du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) de s'en remettre à un arbitre pour dénouer l'impasse entourant le renouvellement de la convention collective des 6800 agents de bord de la société aérienne.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Cette décision, annoncée hier matin, est intervenue après que la ministre Raitt eut court-circuité l'intention des employés de déclencher la grève, la semaine dernière, en demandant au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) de se pencher sur le conflit entre Air Canada et le SCFP.

Mme Raitt avait retenu cette option après que les agents de bord eurent rejeté une entente négociée entre le syndicat et la direction d'Air Canada. Il s'agissait de la deuxième entente dûment négociée entre les deux parties qui était rejetée par les employés syndiqués au terme d'un vote.

La stratégie de Mme Raitt, qui visait d'abord à éviter qu'un arrêt de travail paralyse les services d'Air Canada au moment où l'économie canadienne « demeure fragile », semble donc avoir porté ses fruits.

Le Conseil canadien des relations industrielles devait en principe déterminer si le dossier était dans une impasse. S'il avait jugé que cela avait été le cas, il aurait pu imposer une nouvelle convention ou un arbitrage aux deux parties. Celles-ci ont décidé de leur propre chef de faire appel à l'arbitrage.

Les parties se rencontreront de nouveau pour choisir un arbitre. Si elles ne s'entendent pas, il sera désigné par le CCRI. Les audiences doivent débuter le 28 octobre. La décision de l'arbitre, qui sera obligatoire, sera rendue d'ici au 7 novembre.

Mme Raitt, qui avait brandi la menace d'une loi d'exception forçant le retour au travail des agents de bord, a affirmé que le gouvernement Harper « est toujours en faveur de la négociation collective libre ».

La ministre a tenu ces propos au moment même où des membres du SCFP manifestaient sur la colline parlementaire afin de dénoncer l'ingérence du gouvernement Harper dans les conflits de travail.

Avec La Presse Canadienne