Si la réduction du bruit constitue un défi pour les fabricants d'avions, il s'agit d'un véritable casse-tête pour les fabricants d'hélicoptères.

Marie Tison LA PRESSE

«C'est beaucoup plus simple pour un avion commercial que pour un hélicoptère, soutien Jeff Lowinger, vice-président exécutif à l'ingénierie chez Bell Helicopter Textron. Pour un avion, on regarde essentiellement du côté du moteur et des améliorations technologiques pour réduire la trainée. De notre côté, nous avons des problèmes plus difficile.»

Dans un hélicoptère, le bruit provient notamment du rotor principal, de la transmission et du moteur. On peut réduire le bruit en réduisant la vitesse du rotor. Le problème, c'est que l'appareil perd alors de la portance, ce qui a un effet dramatique sur sa performance.

La réduction de la vitesse du rotor peut également avoir un impact sur les vibrations ressenties par le pilote et les passagers. C'est que l'appareil est conçu en fonction des vibrations reliées à une certaine vitesse. Si on modifie la vitesse, des vibrations différentes peuvent secouer l'appareil et rendre le trajet beaucoup plus inconfortables pour les occupants.

«Nous regardons du côté d'une vitesse variable, indique M. Lowinger. Nous pourrions utiliser une vitesse plus faible lorsque nous n'avons pas besoin d'un performance maximale.»

Pour diminuer le bruit du rotor de queue, certains manufacturiers, comme l'Américain MD Helicopter, le remplacent par une sorte de ventilateur qui souffle de l'air en grand volume, ou à grande vitesse, pour stabiliser l'appareil.

«Ça demande beaucoup d'énergie, donc beaucoup de carburant, affirme M. Lowinger. On réduit le bruit, mais on augmente les émissions.»

Du côté de la transmission, Bell Helicopter étudie l'utilisation de différents matériaux qui pourraient absorber davantage le bruit.

«Notre but est de diminuer le bruit de la transmission de 18 décibels, indique le vice-président à l'ingénierie. C'est significatif.»

Les hélicoptères ne sont pas régis par les normes de l'OACI, mais ils doivent quand même respecter des normes sur le bruit pour être certifiés. Comme pour les avions, ces normes deviennent de plus en plus sévères avec le temps. En outre, certaines municipalités ont des normes encore plus strictes. Et il y a la compétition.

«Les avances de nos concurrents peuvent influencer les organismes réglementaires et les décisions des exploitants, observe M. Lowinger. Nous sommes très conscients de ça. Le bruit, c'est une priorité dans nos programmes de développement.»