Le successeur d'Yvon Charest à la tête de l'Industrielle Alliance a bon espoir de voir l'assureur de Québec réaliser des gains au pays, même si trois concurrents majeurs (Sun Life, Manuvie et Great-West) y sont bien présents.

Mis à jour le 18 sept. 2018
Richard Dufour LA PRESSE

« Le marché canadien n'est pas un marché mature. Il y a de la place pour de la croissance au Canada pour nous », a affirmé Denis Ricard hier durant un évènement organisé par le Cercle canadien de Montréal.

Officiellement aux commandes de l'Industrielle Alliance depuis à peine deux semaines, Denis Ricard effectuait une première sortie publique en tant que grand patron de l'assureur connu pour son éléphant emblématique. Il a notamment souligné qu'en cinq ans, le bénéfice net de l'organisation, en proportion de la moyenne des bénéfices nets des trois grands assureurs canadiens, au pays, est passé de 25 à 50 %.

ACQUISITIONS POTENTIELLES

La principale différence entre l'Industrielle-Alliance et les trois autres grands assureurs canadiens est la présence hors Canada, dit-il. « L'Industrielle Alliance génère 95 % de ses affaires au Canada [et 5 % aux États-Unis], alors que les trois grands brassent, en moyenne, plus d'affaires à l'extérieur du Canada qu'ici au pays. »

L'actuaire de formation originaire de Shawinigan voit du potentiel pour réaliser des acquisitions au Canada dans le créneau de la distribution, où l'Industrielle Alliance dégage aujourd'hui 10 % de ses profits.

Dans la foulée de l'achat de la firme PPI Management annoncée en février dernier, Denis Ricard a notamment les yeux sur des agents généraux (regroupement de courtiers). Les plus intéressants sont ceux qui font présentement beaucoup d'affaires avec l'Industrielle Alliance puisque les acheter permet de protéger les relations et d'empêcher un effritement des parts de marché, advenant une vente à un concurrent.

NOUVEAUX CRÉNEAUX

Le nouveau patron voit aussi de la croissance dans les créneaux moins exigeants en capital, comme les garanties prolongées avec les concessionnaires automobiles, par exemple. C'est aussi un créneau qu'il souhaite développer aux États-Unis pour doubler la taille des activités de l'organisation au sud de la frontière. L'objectif est de faire passer à 10 % d'ici quelques années les profits totaux de l'Industrielle Alliance chez l'Oncle Sam.

« Ce segment est très fragmentée aux États-Unis. Il y a un potentiel de consolidation important », dit celui qui travaille au sein de l'entreprise depuis 33 ans.

Yvon Charest vient de céder à Denis Ricard le siège de PDG d'une entreprise en bonne situation financière qui vient de dégager des profits records et dont la valeur de l'action s'est multipliée par sept depuis l'an 2000. Le défi de Denis Ricard est de soutenir la croissance du bénéfice par action au même rythme que par les années passées, soit d'au moins 10 % par an en moyenne.

DÉFI DE LA CROISSANCE

Le pari est de taille alors que l'action de l'Industrielle Alliance accuse un repli de près de 15 % depuis son sommet atteint en début d'année. Questionné sur les raisons entourant la baisse du titre, Denis Ricard souligne d'abord que les actions de trois des quatre grands assureurs canadiens affichent des reculs d'environ 13 % depuis le début de l'année. Sun Life est le seul assureur à s'en tirer mieux sur les marchés avec un repli de seulement 2 % cette année.

« C'est comme si, aujourd'hui, les compagnies d'assurances sont moins la saveur du mois. Comme si cette industrie-là est moins recherchée actuellement. Les investisseurs ont décidé d'aller dans d'autres créneaux qui sont plus intéressants pour eux », dit Denis Ricard.

« Le défi de la croissance est mon plus gros défi. Une entreprise qui ne croît pas est condamnée à mourir », dit-il.

L'INDUSTRIELLE ALLIANCE EN BREF

Activités : assurance et services financiers

Siège social : Québec

PDG : Denis Ricard

Actif sous gestion : 170 milliards

Nombre de clients : 4 millions

Nombre d'employés : 6500

Profits en 2017 : 515,5 millions

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