La présidente de Desjardins, Monique Leroux, n'est pas fermée à l'idée d'inviter des administrateurs externes au conseil d'administration du Mouvement, mais elle n'en voit pas la nécessité.

Publié le 13 oct. 2012
Hélène Baril LA PRESSE

«Nous avons un modèle de gouvernance qui a fait ses preuves depuis 112 ans», a-t-elle expliqué hier lors d'un entretien téléphonique avec La Presse Affaires, au dernier jour du Sommet international des coopératives qui a réuni 2800 participants à Québec.

L'événement, qui se voulait l'équivalent coopératif du sommet de Davos pour le monde capitaliste, permis de brasser des idées sur le rôle et l'avenir des coopératives dans une économie en constante évolution.

La firme Ernst & Young a suggéré que les coopératives ouvrent leurs conseils d'administration à des administrateurs indépendants, qui ne sont pas des membres de la coopérative, afin d'augmenter la variété des talents et renforcer la gouvernance.

C'est une idée qui mérite d'être considérée, estime Monique Leroux, mais qui ne peut pas s'appliquer à toutes les coopératives. «On ne peut pas demander ça par exemple à une petite coopérative d'habitations active sur le plan local».

Les filiales de Desjardins font déjà appel à des administrateurs indépendants pour leur expertise en matière d'assurance ou de valeurs mobilières, précise Mme Leroux. Le conseil d'administration de la fédération, qui est l'instance décisionnelle du Mouvement Desjardins, est composé uniquement de membres de la coopérative.

Il serait envisageable d'y inviter quelqu'un de l'extérieur, comme le propose Ernst & Young, estime Mme Leroux mais «il faut que ça soit fait dans le respect des règles de représentation».

Le coopératisme est «un modèle économique très solide», estime la présidente du Mouvement Desjardins. Monique Leroux croit que les coopératives profitent de la crise actuelle du système capitaliste traditionnel, mais qu'elles sont encore ignorées dans les universités. «On étudie le modèle coopératif en sciences humaines dans les universités, mais il y a encore du boulot à faire pour prendre notre place dans les écoles de gestion et de génie», souligne-t-elle.

Selon elle, le premier Sommet international des coopératives a permis de faire avancer cette cause, ce qui devrait en faire un événement récurrent.