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Louis Vachon ne demandera pas la démission d'un vice-président unilingue

Louis Vachon... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Louis Vachon

Photo Martin Chamberland, La Presse

Le grand patron de la Banque Nationale, Louis Vachon, se dit sensible aux préoccupations des employés au sujet de la prédominance de l'anglais au travail. Il ne demandera toutefois pas la démission du responsable des technologies de l'information (TI), John Cieslak.

«Il va rester à l'embauche. Je ne ferai pas non plus de chasse à l'Anglais à la banque», a dit à La Presse Louis Vachon, président et chef de la direction de la plus grande banque du Québec.

John B. Cieslak a été embauché comme premier vice-président des technologies de l'information en 2007.

Il est anglophone unilingue. La banque l'obligera-t-elle à suivre des cours de français? «Je vais en discuter avec lui», a dit M. Vachon.

Au cours des derniers jours, La Presse a fait état des tensions à la banque provoquées par l'utilisation de l'anglais par de nombreux employés, particulièrement ceux du service des TI.

«Plusieurs employés ont dû quitter l'entreprise pour trouver un autre emploi en français. Les employés ont peur de parler», a dit l'une des sources à La Presse.

Louis Vachon se dit interpellé par la situation.

«Quand des employés se sentent obligés de parler à des journalistes pour régler un problème et qu'ils parlent d'un climat de peur, ça m'interpelle comme gestionnaire. On se re-questionne à l'interne», a-t-il dit au cours d'un entretien téléphonique.

«On savait qu'il y avait une forte prépondérance de l'anglais dans certaines fonctions des technologies de l'information, particulièrement le projet MAX. On se demande si l'enjeu est plus large. On veut engager un dialogue avec les employés, que ce soit en petits groupes ou par l'entremise de l'ombudsman des employés. Les gens doivent être à l'aise», dit-il.

Le PDG indique toutefois qu'il n'a pas l'intention de changer l'unilinguisme anglais utilisé pour le programme MAX, le plus important projet de la banque touchant les TI.

MAX est un «projet majeur de transformation des processus d'affaires, dont le but est de maximiser l'efficacité», indique un document de la banque. Selon nos informations, le projet occupe deux étages complets au siège social de Montréal et des centaines d'employés. «Nous avons des centaines de consultants à l'extérieur du Canada. L'anglais va rester très présent dans le projet MAX», dit-il.

Le banquier soutient que son institution peut réagir rapidement pour corriger la situation. «Il y a des endroits très précis où l'utilisation de l'anglais est imposée par la réalité internationale. À l'extérieur de ces endroits, il faut utiliser le gros bon sens pour s'assurer que les employés francophones ne se sentent pas marginalisés.»

Depuis deux jours, plusieurs informateurs ont continué de communiquer avec La Presse, confirmant l'omniprésence de l'anglais dans le secteur des TI. Depuis son arrivée en 2007, John Cieslak a progressivement placé son réseau à la banque, parfois venant de Toronto, si bien que plusieurs patrons s'exprimeraient aujourd'hui uniquement en anglais dans le secteur des TI, selon ces sources.

Dès son arrivée, M. Cieslak aurait demandé aux subalternes francophones de travailler en anglais. Le cas échéant, ces derniers ont été obligés de faire leurs présentations techniques en anglais au conseil d'administration de la banque, de façon à ce que M. Cieslak puisse comprendre, nous explique-t-on.

Cette politique de l'anglais au travail s'est étendue aux entrevues de sélection des candidats pour des postes à pourvoir, qui se déroulent entièrement en anglais, selon nos informations. Les évaluations aussi seraient faites en anglais. Quant aux échanges de courriels, un informateur nous dit s'être fait rappeler à l'ordre parce qu'il communiquait en français avec un collègue plutôt qu'en anglais.

IBM en Inde

En 2009, la décision de M. Cieslak d'abandonner la clause de service en français dans le contrat d'IBM avait pour but de faire des économies, selon plusieurs sources. Avec l'anglais, IBM a pu transférer une bonne partie de sa prestation de service à son centre en Inde.

Ainsi, au cours des téléconférences pour régler un problème, il y a parfois quelques Québécois en ligne avec un ou deux Indiens. Les appels se déroulent en anglais pour satisfaire les Indiens et des problèmes de communication surgissent à l'occasion en raison des différences d'accent. Nos sources déplorent aussi une baisse de la qualité des services.

Jeudi, Louis Vachon a justifié le recours à l'anglais par le modèle de la banque. «Notre modèle d'affaires est très centralisé. On doit servir nos clients hors Québec et internationaux à partir de Montréal. On a créé ces emplois-là à Montréal. Oui, ça se passe en partie en anglais, mais on ne va pas s'excuser d'avoir créé 500 emplois à Montréal! D'autres groupes ont plutôt des filiales à Toronto. Je ne suis pas sûr que Montréal soit gagnant de cette façon», a-t-il dit.




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