Source ID:; App Source:

Le G7 fait le bonheur des restaurateurs de La Malbaie

La ville charlevoisienne vit ces jours-ci une saison... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

Agrandir

La ville charlevoisienne vit ces jours-ci une saison touristique avant la vraie saison touristique.

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
La Malbaie

Le vrombissement incessant des hélicoptères, le va-et-vient des convois de véhicules noirs aux vitres teintées et les murets de béton de la Formule E empruntés à Montréal ne semblent guère importuner les commerçants de La Malbaie, principalement ceux qui oeuvrent dans le secteur de la restauration.

La ville charlevoisienne vit ces jours-ci une saison touristique avant la vraie saison touristique. Mais dans les artères commerçantes, ceux qui règlent la note sur les terrasses avec vue sur le fleuve Saint-Laurent n'ont pas le profil habituel: ce sont des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ou de la Sûreté du Québec (SQ) plutôt que des Européens venus contempler les grands espaces.

Sur la rue Richelieu, à quelque dizaines de mètres de la clôture qui encercle la «zone verte», où se trouvent 400 unités d'habitation et une soixantaine de commerces, et de l'encore plus restreinte «zone rouge», où les leaders des pays du G7 se réuniront à compter de vendredi, la propriétaire du restaurant Grillade La Bohème, Karine Belley, se réjouit de l'affluence des derniers jours.

Elle note cependant qu'elle a dû se rajuster. «Pour avril et mai, nous, on s'attendait à des records de ventes en raison de ce qu'on avait entendu sur le G7, mais ça a été normal. On était sûrs qu'on faisait notre été dans le mois de mai. C'est sûr qu'on a du monde, ça roule, mais comme un mois de mai», relate-t-elle en entrevue, mercredi.

L'unique «désagrément» que ce branle-bas de combat a causé est qu'«en tant que propriétaire, j'ai »booké« mes employés, je leur ai dit de se préparer, qu'on allait faire des heures, qu'on allait faire de l'argent. Tout le monde était "mindé", mais finalement, je faisais rentrer cinq personnes, j'en coupais deux», note Mme Belley.

Un peu plus loin de l'action, rue Saint-Étienne, à la boulangerie Pains d'exclamation, on roule à plein régime.

«Présentement, on fait rentrer des étudiants qu'on fait habituellement juste rentrer en juin, alors c'est sûr que c'est positif. Je sais que des gens se plaignent peut-être que ça apporte moins de monde, mais ce n'est pas encore la saison touristique. Alors la clientèle de la GRC, tout ça, qu'on a, c'est de la clientèle qu'on n'a pas habituellement», affirme la gérante, Karine Dufour.

La différence, c'est que les «locaux» ont tendance à rester à la maison, précise une autre Dufour - sa cousine, France - dans son restaurant qui a pignon sur rue à quelques centaines de mètres de la boulangerie. «Nos gens de la place ne sortent plus. Et nous, ici, on est très forts avec les gens du coin», dit la propriétaire du restaurant l'Orchidée.

«Mais hier soir, on avait une délégation italienne, on avait des gens de la GRC. Ces gens-là, normalement, on ne les aurait pas», relève la commerçante.

La «zone verte» déserte

Ces gens de la GRC sont partout en ville; avec leurs collègues de la SQ, des services de police de Québec, de Saguenay et des Forces armées canadiennes, ils sont entre 8000 et 9000 - soit environ la population totale de la ville de La Malbaie - dans les rues, le fleuve et le ciel, à pied, à moto, en voiture, en bateau ou en hélicoptère.

La SQ est en charge de la gestion de la «zone verte». Les rues de ce secteur à circulation restreinte, qui est ceinturé par une clôture de 1,4 kilomètre et dont l'accès est réservé depuis lundi dernier à ses résidants, étaient quasi désertes, mercredi après-midi, lors du passage de La Presse canadienne.

Il a été impossible de s'entretenir directement avec les citoyens de la zone ou les propriétaires des quelque 60 commerces ayant pignon sur rue dans le secteur gardé par une armada de policiers, mercredi. Mais selon le président de la Chambre de commerce de Charlevoix, Julien Dufour, il n'y a pas de grogne chez ces commerçants privés de leur bassin de clientèle.

«Il n'y a pas de surprise là-dedans, ils savaient à quoi s'attendre. Les gens comprennent qu'il y a des désagréments», souligne-t-il en entrevue, faisant remarquer que des ententes prévoyant des compensations financières ont été conclues entre le gouvernement et les commerçants affectés.

La «zone rouge» était inaccessible, mercredi. S'y trouvent le manoir Richelieu, où se déroulera le G7, le golf et le Casino de Charlevoix, qui s'est transformé en centre de presse le temps de la rencontre du groupe des sept. De loin, on peut cependant voir flotter au-dessus du site un «ballon de surveillance» blanc fixé au sol.

Manifestations

Le sommet du G7 se tient vendredi et samedi dans la pittoresque municipalité transformée en forteresse pour l'événement. On s'attend à ce que le président des États-Unis, Donald Trump, soit de la partie - il s'agirait pour lui d'une première visite officielle en sol canadien.

Selon toute vraisemblance, les manifestants ne courront pas les rues de La Malbaie, où une «zone de libre expression» a été aménagée, avec toilettes chimiques, sur un terrain vague situé à l'ombre de la clôture de la «zone verte». Il n'y avait là pas âme qui vive, mercredi après-midi.

Un seul groupe, «Québec libre en action», a signifié son intention de manifester au manoir Richelieu le samedi 9 juin, publiant sur Facebook une invitation à s'y regrouper «pour démontrer notre opposition à la mondialisation». Dix-neuf personnes ont manifesté leur intérêt à y prendre part.




la boite: 4391560:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer