La société mère de la chaîne, Sportscene, annoncera ce matin la vente de sa filiale Interbox à l'entreprise montréalaise Eye of the Tiger Management de Camille Estephan.

Mis à jour le 20 juill. 2016
Sylvain Larocque LA PRESSE

« Ça s'inscrit dans le repositionnement de la Cage, a expliqué le PDG de la société mère, Jean Bédard, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse. Avant, nos trois piliers, c'était sport, gang et fun, dans cet ordre. Maintenant, c'est bouffe, bière et sport. »

L'homme d'affaires reconnaît aussi que les déboires de son poulain Lucian Bute ont pesé lourd dans la décision de céder Interbox. « Il y a deux ans, Lucian a décidé de prendre un agent américain [Al Haymon], qui est en train de polariser le monde de la boxe, affirme-t-il. Mais surtout, ça nous a fait perdre le contrôle du calendrier des combats. »

Sans compter qu'au printemps, Bute a échoué à un test antidopage après un combat à Washington. Sportscene avait acquis Interbox en 2005 de l'homme d'affaires allemand Hans-Karl Muhlegg, qui avait fondé l'entreprise en 1997.

Interbox génère des revenus annuels de 4 à 5 millions, mais peu ou pas de profits. « Ça nous donnait de la publicité gratuite et ça aidait à remplir nos restaurants », justifie Jean Bédard. Le prix de vente exact ne sera pas divulgué, mais il s'apparente à celui payé par Sportscene en 2005, soit environ 150 000 $, confie le dirigeant. « Ce n'est pas cette transaction-là qui va faire bouger la valeur boursière de Sportscene », qui est actuellement de quelque 25 millions, lance-t-il.

M. Bédard indique qu'il voulait assurer la pérennité d'Interbox en vendant à un acheteur « passionné » et « solide financièrement ». M. Estephan « est la meilleure personne pour poursuivre la mission d'Interbox », insiste-t-il.

MANUVIE ET AMAYA

Camille Estephan, un Québécois d'origine libanaise dont le père était boxeur, a fondé Eye of the Tiger en 2008. Il est aussi directeur du bureau de Placements Manuvie à Dorval, qui a été au centre de l'affaire de délits d'initiés qui ébranle le géant québécois du jeu en ligne Amaya depuis la fin de 2014.

Jean Bédard tient à préciser qu'il a fait ses propres vérifications sur Camille Estephan. « Il vient de racheter les parts de son associé qui était mêlé au dossier Amaya, et Manuvie a renouvelé son contrat avec lui, dit-il. Je suis satisfait de ses explications. »

Même en se départissant d'Interbox, Sportscene conservera les activités de distribution de droits de diffusion de combats de boxe et d'arts martiaux mixtes dans les bars et les restaurants. L'entreprise s'est aussi gardé un accès privilégié aux futurs combats qu'Interbox organisera et aux archives vidéo de l'organisation.

Avec la fin de l'aventure Interbox, Sportscene se concentre maintenant sur l'ouverture de nouveaux restaurants La Cage. L'entreprise vient d'en ouvrir un aux Promenades St-Bruno et deux autres doivent suivre à l'aéroport Montréal-Trudeau et au Complexe Desjardins au cours des prochains mois.



Infographie La Presse

LES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA BOXE QUÉBÉCOISE 

INTERBOX 

Fondé en 1997 par l'Allemand Hans-Karl Muhlegg et acquis en 2005 par Sportscene, Interbox représente notamment Lucian Bute et Jean Pascal. L'entreprise compte trois salariés.

GYM 

Fondé en 2004, le Groupe Yvon Michel se présente comme la plus importante entreprise du secteur de la boxe au Canada. GYM représente notamment Adonis Stevenson, champion WBC des mi-lourds. Le promoteur Yvon Michel oeuvrait au sein d'Interbox avant de se lancer à son compte.

EYE OF THE TIGER MANAGEMENT 

Fondé en 2008, Eye of the Tiger Management représente entre autres David Lemieux,, qui a brièvement détenu la ceinture des poids moyens de l'IBF. Le passage de Lemieux de GYM à EOTTM a fait l'objet d'un litige entre les deux groupes, qui s'est finalement réglé à l'amiable.

- Avec la collaboration de Jean-Philippe Arcand, La Presse