À l'aube de son 50e anniversaire, et cinq mois après avoir lancé son processus d'examen stratégique, Manac (T.MA) se retirera de la Bourse puisque le constructeur de semi-remorques sera acheté par un consortium formé de quatre investisseurs ainsi que le fondateur de la société beauceronne, Marcel Dutil.

Mis à jour le 13 août 2015
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

La famille Dutil allongera 36 millions dans le cadre de la transaction, annoncée jeudi. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), le Fonds de solidarité FTQ et Investissement Québec (IQ) injectent chacun 17 millions en capital et 15 millions sous forme de prêt, alors que le Fonds Manufacturier Québécois (commandité par la Caisse) investit 8 millions.

Cette transaction valorise l'entreprise - qui fêtera ses 50 ans l'an prochain - à environ 186 millions, ce qui comprend la prise en charge de sa dette.

«Elle replace Manac sous contrôle entièrement québécois et donnera une bonne stabilité au niveau de l'actionnariat», a expliqué la famille Dutil, ajoutant que le siège social de l'entreprise demeurera au Québec.

La famille Dutil détiendra 38 % de la nouvelle entité. La Caisse, le Fonds de solidarité FTQ et IQ auront une participation égale de 18 %. Celle du Fonds Manufacturiers Québécois sera de 8 %.

Le constructeur de semi-remorques avait fait son entrée en Bourse il y a deux ans dans le cadre d'une émission d'actions de 60 millions.

«Depuis la création de Manac en Beauce, la famille Dutil a bâti un solide historique de rentabilité et fait de l'entreprise un modèle d'entrepreneuriat et d'innovation grâce aux nombreux nouveaux produits lancés par Manac au fil des ans», a souligné le premier vice-président, Québec, de la CDPQ, Christian Dubé.

M. Dutil demeurera président et chef de la direction de la nouvelle entité. Une rencontre spéciale visant à donner le feu vert à la transaction doit avoir lieu avant le 7 octobre.

Le consortium offre 10,20 $ par action de Manac, ce qui constitue, pour les investisseurs, une prime de 18,4 % par rapport au cours moyen du titre durant les 20 journées précédant le déclenchement du processus d'examen stratégique annoncé le 30 mars dernier.

En mi-journée, à la Bourse de Toronto, l'action de la société prenait 4,88 %, ou 47 cents, pour coter à 10,11 $, ce qui fait fondre la prime à 0,89 %.

En annonçant son processus d'examen le 30 mars, Manac avait prévenu que la vente de la société figurait parmi les options, ce qui avait notamment suscité l'inquiétude du ministre de l'Économie, Jacques Daoust. Dès le lendemain, il avait demandé à Investissement Québec d'aider un éventuel partenaire ou acheteur intéressé à Manac afin que l'entreprise demeure sous contrôle québécois.

Par voie de communiqué, M. Daoust s'est réjoui de constater la consolidation de «plus de 760 emplois» au Québec et «l'essor d'une expertise québécoise dans la fabrication de remorques».

Au deuxième trimestre, dont les résultats avaient été divulgués le 31 juillet dernier, Manac avait vu son chiffre d'affaires bondir de 45 % pour s'établir à 104 millions et franchir, pour la première fois de son histoire, la barre des 100 millions. Elle avait engrangé des profits de 2,5 millions, ou 15 cents par action, en hausse de 31,6 %. Son carnet de commandes avait toutefois affiché une baisse.

La société avait alors indiqué qu'elle procéderait à une mise à jour de son examen stratégique avant la fin du mois de septembre.

Depuis son entrée en Bourse, la CDPQ et Fiera Capital étaient les deux plus importants propriétaires de Manac, avec plus de 23 pour cent de ses actions, d'après les données compilées par Thomson Reuters.

En plus de son usine de Saint-Georges, le constructeur de semi-remorques exploite des installations à Penticton, en Colombie-Britannique, de même qu'à Oran et à Kennett, dans l'État du Missouri, aux États-Unis. L'entreprise emploie plus de 1270 travailleurs.