Le gouvernement péquiste a toujours dans son programme de créer un fonds de 10 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec dans le but de protéger les sièges sociaux d'entreprises qui font la fierté des Québécois.

André Dubuc LA PRESSE

«Nous avons eu des discussions sur ce sujet avec la direction de la Caisse déjà et nous en aurons encore. Mais je n'ai pas d'annonce à faire à ce sujet à ce jour», a dit le ministre des Finances, Nicolas Marceau, à l'occasion du passage des dirigeants de la Caisse de dépôt devant la commission parlementaire des finances publiques, mercredi dernier.

Le Parti québécois avait pris l'engagement en campagne électorale de mettre sur pied un fonds d'investissement stratégique, dont la mission serait de protéger les entreprises locales contre les prises de contrôle par des entreprises étrangères tout en stimulant la croissance de secteurs clés au Québec.

«Nous devons agir avec force. En rétablissant la mission de développement économique de la Caisse au Québec, nous pourrons reprendre le contrôle de notre développement et rester maîtres chez nous», avait déclaré Pauline Marois, le 9 août dernier.

Le député et aspirant à la direction du Parti libéral Raymond Bachand a profité des travaux de la commission pour réitérer l'opposition de sa formation politique à la création d'un tel fonds.

Revoir la loi

Par ailleurs, le ministre Marceau a aussi indiqué qu'il voulait clarifier dans la loi le fameux double mandat de la Caisse de dépôt. «Aujourd'hui, dans la loi, le fait que le rendement et le développement économique vont de pair, ce n'est pas écrit à notre entière satisfaction et nous pourrons dans le futur revoir le texte de la loi.»

Le ministre a toutefois précisé aux membres de la commission qu'il était entièrement satisfait des orientations prises par la Caisse depuis son arrivée en poste aux Finances.

Devant la commission parlementaire mercredi soir dernier, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, a dit qu'il s'attendait à de bonnes nouvelles des États-Unis en 2013. «On risque de sous-estimer la performance économique aux États-Unis. Oui, ils ont des enjeux. Mais, sur les fondamentaux de l'économie, c'est clairement mieux. C'est bien possible qu'il y ait une upside surprise aux États-Unis.»

Il a notamment souligné l'impact du boom pétrolier et gazier qui a cours dans le Midwest. «Il y a deux semaines, Roland [Lescure, chef des Placements] et moi avons rencontré quelqu'un qui a dit: Le pays émergent le plus important et le plus intéressant du monde est le Dakota-du-Nord.»

En Turquie

Au sujet des pays émergents, le patron de la Caisse a ouvert son jeu en indiquant que son organisation songe à investir dans la prochaine cohorte de pays émergents comme la Turquie, la Colombie et la Pologne.

«Beaucoup d'investisseurs cherchent des occasions au Brésil, en Inde et en Chine. Mais des pays comme la Turquie, la Colombie et la Pologne [sont moins sollicités]. La Caisse cherche à investir dans les infrastructures et les centres commerciaux parce que c'est une façon de profiter de la croissance de la classe moyenne dans les pays émergents.»