Federico Fellini, François Brault, Lars von Trier, Jean Renoir... Ils feront tous leur entrée au HEC, du 3 au 6 novembre. Leurs oeuvres s'inscrivent dans la programmation du premier Festival international de films sur l'entreprise.

Isabelle Massé LA PRESSE

Parmi les titres inscrits: Tricofil, c'est la clef! de François Brault et Roger Lenoir, Les femmes de la Brukman d'Isaac Isitan, Prova d'orchestra de Fellini, Dubois et fils de Bernard Devlin et Raymond Le Boursier, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre avec Nathalie Baye, Le directeur de Lars von Trier et Le crime de Monsieur Lange de Jean Renoir.

S'il y a matière à divertir, le responsable du Festival présidé par le cinéaste Denys Arcand souhaite surtout, avec cet événement, provoquer une réflexion et des discussions sur une structure qui se trouve au coeur de notre société. «L'entreprise est partout aujourd'hui, comme l'Église était partout dans l'occident médiéval. Pour le meilleur et pour le pire, note Yves-Marie Abraham, responsable du festival et professeur agrégé, Service de l'enseignement du management, HEC Montréal. C'est une invention propre à l'occident moderne. On présente souvent l'entreprise, le salariat, comme quelque chose qui existe depuis toujours. Alors qu'il y a des mondes où l'entreprise était inconcevable. De très grandes sociétés n'ont jamais valorisé les profits.»

La programmation s'articule en fait autour d'une question cette année: quel est le rôle du chef en entreprise? «Dans cette première programmation, on voulait des films de tous les genres et toutes les époques. On y trouve des longs métrages de 1931 à 2010 qui apportent tous des éléments de réponse à la question du chef. On pourrait imaginer une année consacrée à la finance.»

Chaque visionnement sera suivi de 45 minutes de discussion en compagnie de professeurs, réalisateurs, anciens ministres et gens d'entreprises. La journée d'ouverture du festival, la parole sera d'ailleurs donnée à Denys Arcand et au professeur de management Laurent Lapierre qui s'exprimeront sur l'apport possible du cinéma à la compréhension de l'entreprise. «J'utilise certains films de Denys Arcand dans mes cours, comme L'âge des ténèbres, dit Yves-Marie Abraham. Le langage cinématographique m'apparaît intéressant pour explorer l'entreprise. C'est efficace au plan pédagogique. C'est un langage inexploré par nous. À l'université, on utilise beaucoup le langage verbal et peu le langage cinématographique.»

Bénéficiant d'un budget de 50 000$, ce premier Festival de films sur l'entreprise espère intéresser les étudiants de diverses facultés et universités, mais aussi d'employés et dirigeants d'entreprises. Sur 11 films présentés à l'Amphithéâtre IBM des HEC (3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine), huit sont des fictions. «Les artistes sont quand même ceux qui peuvent nous toucher de la manière la plus forte», estime Yves-Marie Abraham.