C'est une bonne idée de surveiller étroitement chaque étape du projet d'amphithéâtre à Québec. Mais cette surveillance étroite des gouvernements entraînera vraisemblablement des coûts supplémentaires, selon Marc Dutil, président et chef de la direction du Groupe Canam.

Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

«Il n'y a pas de projet en Amérique du Nord qui sera plus surveillé que l'amphithéâtre de Québec, dit Marc Dutil en entrevue à La Presse Affaires. Quand il y a de l'argent public, les gens créent tellement de mécanismes de protection que les délais engendrés coûtent plus cher que l'argent qu'on essaie d'économiser. Ça coûte de l'argent et personne ne veut être montré du doigt.»

Marc Dutil se rappelle l'expérience du MTS Centre de Winnipeg: le Groupe Canam a fourni les structures d'acier de cet édifice de 134 millions financé en majorité par le secteur privé. «Nous avons été retenus très tôt dans l'équipe (à Winnipeg), dit Marc Dutil. À Québec, il y a de l'argent public. Il faut respecter ça. Pour tout le monde à commencer par le maire Labeaume, personne ne veut dépenser une piastre qu'il n'a pas besoin de dépenser.»

Le Groupe Canam aimerait construire la structure du nouvel amphithéâtre, mais son grand patron reste discret pour l'instant, d'autant plus que les architectes n'ont pas encore été choisis. «J'observe ça à distance, dit Marc Dutil, dont le père Marcel a été l'un des actionnaires des Nordiques. On a été capables de faire les stades de Miami et de Vancouver à partir de Saint-Gédéon de Beauce, on devrait être capables de faire Québec. Mais personne ne tient rien pour acquis. Nous n'avions pas fait le Centre Bell. Des fois, tu n'es pas prophète dans ton pays...»