La valeur de l'important investissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans le gestionnaire d'aéroports britannique BAA a fondu depuis 2006, révèle une transaction réalisée plus tôt cette semaine.

Sylvain Larocque LA PRESSE CANADIENNE

Le plus important actionnaire de BAA, l'entreprise espagnole Ferrovial, a annoncé lundi la vente de 5,88 pour cent de ses intérêts dans BAA à la firme américaine Alinda Capital Partners pour la somme de 280 millions de livres, soit environ 451 millions $ CAN. Ferrovial ne contrôle donc plus BAA, sa participation ayant chuté à 49,99 pour cent.

La transaction donne une valeur de 4,76 milliards de livres au capital-actions de BAA, soit moins de la moitié des 10,1 milliards de livres qu'ont déboursées Ferrovial et ses partenaires, dont la Caisse, pour l'acquérir en juin 2006.

La Caisse avait alors versé 1,2 milliard de livres, soit 2,4 milliards $ CAN, pour mettre la main sur 28,9 pour cent des actions de BAA. Elle en détient 21,2 pour cent aujourd'hui.

Au cours d'un entretien téléphonique, vendredi, Michel Nadeau, ancien numéro deux de l'institution québécoise, a toutefois souligné que la transaction s'appuyait grandement sur un accroissement de l'endettement de BAA, ce qui améliore le rendement des capitaux investis. La compagnie est aussi plus petite qu'il y a cinq ans puisqu'elle a vendu des actifs dans l'intervalle.

Selon ses calculs les plus récents, qui ne tiennent toutefois pas compte de la transaction de lundi, la Caisse a perdu cinq pour cent avec son investissement dans BAA, soit à peu près la performance affichée par les marchés boursiers européens depuis juin 2006.

«Ça n'a été ni un fiasco, ni un succès», a résumé M. Nadeau.

En 2007, la Caisse avait réalisé un gain de 15 pour cent sur la vente d'un cinquième de ses intérêts dans BAA. L'année suivante, toutefois, elle avait dû réinjecter 563 millions $ dans l'entreprise, qui éprouvait alors de grandes difficultés à refinancer son imposante dette.

Même si elle se trouve bien en deçà de la somme déboursée par les acheteurs en 2006, la valeur de 4,76 milliards de livres actuellement attribuée à BAA est supérieure aux évaluations les plus récentes qu'en faisaient les analystes, lesquelles oscillaient entre 2,5 et 3 milliards de livres.