Les réjouissances entourant les profits inégalés encaissés par le Fond de solidarité FTQ au cours de la dernière année pourraient être de courte durée alors que se profile à l'horizon une nouvelle crise économique.

Annie Mathieu LA PRESSE CANADIENNE

«On est inquiet, aujourd'hui on célèbre notre réussite de l'an dernier, mais en même temps, on ne peut pas se croiser les bras», a soutenu le président du Conseil d'administration du Fonds et de la FTQ, Michel Arsenault, en marge de la 27e assemblée annuelle de ses actionnaires qui s'est tenue samedi après-midi à Montréal.

Vantant l'intervention de l'institution financière lors de la précédente crise économique, le président de son Conseil d'administration et de la FTQ, Michel Arsenault, a soutenu qu'advenant de nouvelles turbulences, celle-ci n'hésiterait pas à récidiver.

En 2008-2009, le Fonds de la solidarité FTQ avait investi environ 1,5 milliard $ dans l'économie de la province.

«Nous sommes l'institution financière qui a investi le plus d'argent, lors de la dernière crise, dans le capital de risque dans les PME au Québec. Le rendement était là et le maintien de la création d'emploi était là également», a fait valoir M. Arsenault, précisant que l'institution entendait analyser les choses «d'un même angle».

Le président-directeur général du Fonds, Yvon Bolduc, a quant à lui rappelé qu'à l'époque, l'institution avait utilisé environ 50 millions sur les quelque 75 millions $ de sa réserve «d'urgence». M. Bolduc a soutenu qu'à ce jour, aucune somme n'avait été identifiée pour faire face aux intempéries, mais que si les besoins se faisaient sentir, l'institution serait prête.

Selon Michel Arsenault, la volonté des gouvernements du Québec et du Canada d'atteindre l'équilibre budgétaire représente une des plus importantes menaces à l'emploi. Il croit également que la province souffrirait grandement de cette course au déficit zéro.

M. Arsenault a par ailleurs encouragé les entrepreneurs du secteur manufacturier à investir dans la nouvelle technologie pour stimuler la productivité.

«Ce n'est pas en travaillant plus fort que l'on va augmenter la productivité au Québec, c'est en travaillant plus intelligemment et de façon plus équipée», a-t-il affirmé, ajoutant qu'après une crise, c'était ceux qui étaient prêts à une relance qui en sortaient gagnants.

Année record

Ainsi, au cours de l'exercice financier qui s'est terminé le 31 mai dernier, le Fonds a engendré un bénéfice net 650 millions $, équivalent à un rendement de 8,8 %, comparativement à 600 millions $ l'année précédente et à un rendement de 9,2 %.

La valeur de l'action est quant à elle passée de 23,84 $ fin mai 2010 à 25,92 $ un an plus tard. À cette date, son actif net correspondait à 8,2 milliards $.

Au cours de l'exercice financier, le Fonds de solidarité FTQ a investi 733 millions $ dans l'économie québécoise.

Selon Yvon Bolduc, la campagne REER du Fonds a été tout aussi fructueuse puisqu'un nombre record de 583 235 actionnaires y ont investi leur argent. Cela lui a permis d'émettre pour 698 millions $ en actions, ce qui représente une augmentation d'environ 40 millions $.

Lors de l'assemblée des actionnaires, les dirigeants du Fonds de solidarité FTQ ont par ailleurs annoncé son adhésion aux Principes pour l'investissement responsable de l'ONU.

En vertu de celle-ci, le Fonds entend poursuivre sa politique «d'occupation de la chaise», qui consiste à faire valoir ses droits d'actionnaire aux entreprises lorsque les entreprises dans lesquelles il a investi se comportent en mauvais citoyens corporatifs.