Même s'il est très endetté et que sa dette continue de croître, le Québec conserve une bonne note chez Moody's, qui ne voit pas de raison de s'inquiéter à court terme.

Hélène Baril LA PRESSE

L'agence de crédit maintient la cote de crédit Aa2 du Québec, avec une perspective stable. Moody's estime que le gouvernement a pris les mesures adéquates pour résorber le déficit réapparu à la suite de la crise financière de 2008, notamment en augmentant ses revenus et en créant le Fonds des générations qui servira éventuellement à rembourser sa dette

«La province apparaît en très bonne voie d'atteindre dans les prochaines années ses objectifs de déficits dans le cadre de son plan de retour à l'équilibre budgétaire», écrivent les analystes de Moody's dans leur rapport annuel sur le Québec.

Moody's souligne toutefois que la dette du Québec est la plus élevée des provinces canadiennes et qu'elle continue d'augmenter. Pour le moment, la croissance économique et la faiblesse des taux d'intérêt ont un effet stabilisateur sur le niveau d'endettement, note l'analyste Michael Yake, mais la dette pourrait devenir problématique à plus long terme, selon lui.

«Les pressions sur les dépenses, notamment celles concernant les services de santé et autres services sociaux et, à plus long terme, le fardeau du service de la dette sur le budget sont des défis que la province doit relever pour atteindre ses objectifs budgétaires», précise-t-il.

Coup de pouce

Selon les plans du ministre des Finances Raymond Bachand, le Québec doit revenir à l'équilibre budgétaire en 2013-2014.

Mais une entente avec le gouvernement fédéral, qui doit lui verser 1 milliard en compensation pour l'harmonisation de sa taxe de vente, pourrait lui permettre d'éliminer le déficit un an plus tôt.

Le principal intéressé ne l'a pas nié, hier. «Ça va nous aider», a répondu le ministre Bachand, interrogé après une rencontre de presse portant sur le régime de redevances minières.

Le ministère des Finances publiera à la mi-novembre un état de la situation des finances publiques, à mi-chemin de l'exercice 2011-2012. «On verra à ce moment-là, mais, jusqu'à maintenant, on est en ligne avec nos prévisions», a dit Raymond Bachand.

Le ministre a rappelé qu'il y avait encore 1 milliard de nouveaux revenus à identifier pour pouvoir éliminer le déficit en 2013-2014.

Si le milliard provenant du fédéral permet d'éliminer le déficit un an avant, ce sera parce que la croissance économique aura permis d'augmenter plus que prévu les revenus et que les prévisions du ministère des Finances étaient trop prudentes.

Une chose est sûre, l'argent d'Ottawa servira à réduire le déficit. «On ne s'en va pas dans de nouvelles dépenses», a dit Raymond Bachand.