Dans le secteur municipal, les firmes d'ingénierie se livrent actuellement une «guerre de prix» qui pourrait mettre en péril «la qualité et la sécurité des ouvrages», prévient la principale porte-parole de l'industrie.

Publié le 31 mai 2011
Sylvain Larocque LA PRESSE CANADIENNE

Dans un éditorial virulent publié récemment dans le magazine interne de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ), la pdg de l'organisme, Johanne Desrochers, souligne que des services professionnels sont actuellement bradés à 30, 40 ou même 70 % de rabais par rapport à un barème gouvernemental «considéré comme un minimum requis».

Des services offerts à de tels prix «sont indignes de la profession», dénonce-t-elle, en estimant qu'ils «peuvent, à long terme, finir par compromettre la qualité et la sécurité des ouvrages».

Mme Desrochers en appelle à la responsabilité de ses 46 membres, les grandes firmes de génie québécoises, et les invite à «changer certains comportements».

Elle demande en outre à Québec d'imposer au secteur municipal la sélection fondée sur les compétences, en place depuis des décennies au sein des ministères et des sociétés d'État. À l'heure actuelle, le principal critère de sélection pour les services d'ingénieurs dans les municipalités est le prix.

Retenir la firme la mieux qualifiée pour un projet, même à un coût plus élevé, permet souvent d'en arriver à une meilleure conception qui se traduira ensuite par des économies sur les plans de la construction et de l'entretien, fait valoir l'AICQ.