Cogeco Communications a éliminé environ 125 postes dans la foulée de l'implantation de son nouveau système de gestion des clients, un processus qui lui a néanmoins coûté au moins 11 millions en raison des écueils rencontrés lors des derniers mois.

Mis à jour le 11 janv. 2019
JULIEN ARSENAULT LA PRESSE CANADIENNE

Au coeur du virage de la filiale de Cogeco, cette nouvelle plateforme a intégré 22 anciens systèmes auparavant dédiés à servir les abonnés de la compagnie.

« Cette plateforme nous permet de fonctionner avec moins de personnel », a expliqué vendredi le président et chef de la direction de Cogeco, Philippe Jetté, avant de prendre part à sa première assemblée annuelle comme grand patron de l'entreprise.

En mêlée de presse, il a souligné qu'il s'agissait de 125 postes « de soutien », soit 5 % de l'effectif de l'entreprise, ajoutant que le nombre d'employés en contact avec la clientèle n'avait pas « vraiment changé ».

Au premier trimestre, le bénéfice net de Cogeco Communications, qui a fléchi de 1,6 % par rapport à l'an dernier, à 75,2 millions, ou 1,41 $ par action, tenait compte d'une charge de restructuration d'environ 5,7 millions.

Pendant les six derniers mois, l'entreprise a temporairement retenu les services de près de 600 personnes alors qu'elle continuait d'avoir des maux de tête en matière de service à la clientèle avec sa nouvelle plateforme - qui devrait faciliter l'interaction avec les abonnés ainsi que l'activité promotionnelle en ligne.

« Vous pouvez mesurer [l'ampleur] de notre effort », a dit M. Jetté à propos des investissements supplémentaires de 11 millions.

Cogeco a également constaté une érosion plus importante que prévu de son nombre de clients, mais ses dirigeants n'ont pas voulu partager les données internes qu'ils détenaient à ce sujet.

Pendant le premier trimestre, les activités canadiennes de Cogeco Communications ont vu leur nombre d'abonnés fléchir de 13 069 du côté de la câblodistribution. L'entreprise a également perdu 3281 clients internet et 18 940 autres du côté de la téléphonie filaire.

« Bell a saisi l'occasion pour s'intéresser à nos clients pendant cette période trouble, a reconnu M. Jetté. Mais nous allons revenir à la charge. »

Toujours des difficultés

Par ailleurs, alors que le secteur des solutions informatiques - comme l'hébergement de données - de Cogeco Communications continue d'éprouver des difficultés, M. Jetté n'a pas fermé la porte à une autre diminution de la taille de cette division.

Au cours de la période de trois mois terminée le 30 novembre, Cogeco Peer 1 a vu ses revenus diminuer de 3,2 %, à 67,7 millions, alors que le bénéfice d'exploitation a plongé de 15,8 %, à 18 millions. Il s'agit d'un autre « pas en arrière », selon l'analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux.

« Les pressions externes des géants de l'industrie comme Microsoft, Google et Amazon sont majeures, a dit le grand patron de l'entreprise. Il est très difficile de concurrencer ces géants. »

En conférence téléphonique avec les analystes, M. Jetté a néanmoins indiqué qu'il était ouvert à la possibilité d'étudier « toutes les options ».

Cogeco Peer 1 - qui représente environ 11 % des revenus totaux de la société - exploite actuellement 16 centres d'hébergement de données qui se trouvent au Canada aux États-Unis ainsi qu'au Royaume-Uni.

Citant le contexte de la concurrence mondiale, Vidéotron avait décidé de vendre ses activités de centres de données de 4 Degrés Colocation à l'américaine Vantage Data Centers pour une somme de 259 millions.

« Je ne vais pas commenter sur la stratégie de Vidéotron, a affirmé M. Jetté. Cogeco Peer 1 est différente. Ce n'est pas seulement de l'hébergement de données, mais un bouquet de services. »

Revenus en hausse

Grâce à l'acquisition de MetroCast aux États-Unis, Cogeco Communications a vu son chiffre d'affaires passer de 585,7 millions à 674 millions au premier trimestre. Le recul de son bénéfice net s'explique essentiellement par les coûts de restructuration et d'autres charges d'intégration.

Cogeco, la société mère, a affiché un profit de 79,1 millions, en baisse par rapport à 81,7 millions pour le premier trimestre de l'exercice. Les revenus ont augmenté de 15,1 % pour se chiffrer à 674 millions.