Après la glace et les bandes, la publicité fait son entrée sur la baie vitrée chez le Tricolore. Toujours à la recherche de commanditaires, le Canadien de Montréal introduira samedi des publicités virtuelles visibles seulement à la télé sur la baie vitrée du Centre Bell derrière les filets du gardien de but.

Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Quelques équipes de la LNH, dont Vancouver, Ottawa, Chicago et Los Angeles, utilisent déjà cette technologie, qui permet de diffuser des publicités à la télé sans pour autant obstruer la vue des spectateurs dans l'amphithéâtre. Le Canadien inaugurera cette technologie, largement utilisée pour les pubs derrière le marbre au baseball, samedi prochain à RDS lors du match au Centre Bell contre les Maple Leafs de Toronto. Le Canadien et RDS se partageront les revenus de ces publicités virtuelles, qui seront diffusées seulement lorsque le Canadien jouera au Centre Bell.

«C'est un nouvel endroit où nous pouvons satisfaire nos commanditaires. C'est quelque chose que nous allons faire bientôt. Et c'est juste le début. La technologie est de mieux en mieux. On risque de l'utiliser plus souvent», a dit Geoff Molson, président et copropriétaire du Canadien de Montréal, hier lors de la conférence RDV_Commandite organisée par Infopresse et le Conseil canadien sur la commandite.

Le Canadien de Montréal a ajouté récemment des commanditaires au Centre Bell, notamment en mettant fin à ses contrats de commandite exclusive dans le secteur financier. «Les autres banques cognaient toujours à la porte parce qu'elles voulaient être associées au Canadien. Nous avons trouvé des solutions pour chaque banque. On ne fera pas ça avec la brasserie (Molson Coors)», blague Geoff Molson, qui siège au conseil d'administration de Molson Coors, l'un des principaux commanditaires du Tricolore avec Ford, Bell, Coca-Cola, Desjardins et la Banque Scotia.

Pas question toutefois de vendre aux commanditaires un logo sur le chandail de l'équipe, une pratique fréquente en Europe. «Je doute qu'on voit ça avec le Canadien, dit Geoff Molson. Nous ne voulons pas dénaturer le logo. Nous avons des sources de revenus et de profits suffisants. Nous voulons préserver les chandails classiques que nous avons dans la LNH. Les autres grandes ligues nord-américaines ne sont pas rendues là non plus. Ça me surprendrait de voir un commanditaire remplacer un logo des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, mais on ne sait jamais.»

Un compte anonyme sur Twitter

Avec plus de 905 000 fans sur Facebook et 183 000 abonnés sur Twitter, le Canadien est l'équipe la plus populaire de la LNH sur les réseaux sociaux. Malgré ses succès, l'équipe continue d'étudier le phénomène. «C'est une occasion tellement énorme que nous sommes un peu conservateurs, dit Geoff Molson. Nous voulons prendre la bonne décision. Si nous commençons à tout faire parce que la technologie est disponible, ça ne sera pas mieux. Comme ça bouge vite, nous ne voulons rien faire avant de bien comprendre ce qui se passe.»

Partisans du CH, bonne chance si vous voulez suivre Geoff Molson sur Twitter: son compte est anonyme. «Je suis tous nos joueurs sur Twitter, mais ils ne le savent pas, dit-il en souriant. Ils disent des drôles de choses comme «je viens juste de manger un hamburger». Ils communiquent des choses qui ne sont pas importantes. C'est leur choix.»

Sur Twitter, Geoff Molson suit aussi plusieurs des journalistes affectés à la couverture de son équipe. «Pour avoir de l'information sur la blessure de Mike Cammalleri lors du match à Winnipeg, je suis allé voir d'abord sur Twitter avant de demander au directeur général (Pierre Gauthier)», dit-il.

S'il s'amuse sur le web, Geoff Molson ignore comment son entreprise pourra rentabiliser cette plateforme. «Notre site web est très populaire, mais nos revenus d'entreprise viennent encore de la télé et des commanditaires, dit-il. Seulement une petite portion de nos revenus vient du web, mais nous pensons que ce sera une plus grande partie à l'avenir.»