Pour s'assurer l'intérêt des entreprises, le Festival international de jazz de Montréal, le Festival d'été de Québec, l'International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu et autres Régates de Valleyfield devront arriver avec de nouvelles propositions de commandites. Peaufiner leur plan de commandites 2.0.

Isabelle Massé LA PRESSE

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C'est ce qui ressort d'une allocution prononcée hier par André Boisclair, invité en tant que président du conseil d'administration du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI) des 2es RDV_Commandite organisés par Infopresse.

Selon des chiffres dévoilés hier, la commandite représente 35% du budget événementiel de 21 des 22 membres du REMI, soit 61 millions de dollars sur un budget de 175 millions. Dans une industrie qui séduit moins le gouvernement fédéral, il est impératif de conserver, sinon augmenter, un tel pourcentage. «Il y a une présence plus affirmée des commandites privées, note André Boisclair. Nos membres ont développé cette habileté à dialoguer avec les commanditaires. Mais nous sommes engagés dans de nombreuses réflexions. Faut-il repenser nos façons de faire? Oui.»

Présence sur le web

Il y aurait désormais un réel désir des membres du REMI de se lancer dans la création d'applications mobiles, de vidéos et la diffusion d'informations sur des blogues. «Nous voyons que les organisateurs cherchent à immortaliser des moments-clés de leurs événements, dit André Boisclair. Les plateformes se développent, mais les événements sont limités dans le temps. Donc, il faut par exemple trouver une façon de prolonger les événements, d'engager la conversation avant et après entre les organisateurs et les festivaliers. De créer des bases de données. La Ronde, par exemple, a plus de 155 000 fans sur sa page Facebook. Mais les organisateurs n'ont pas tous les mêmes connaissances des nouveaux médias.»

En conférence, André Boislair énumérait diverses possibilités de maximiser l'investissement des commanditaires et de viser dans le mille des groupes cible: bracelets à puces, Foursquare, bornes interactives... «Les commanditaires sont de plus en plus sophistiqués, car ils sont sollicités de toute part, dit André Boisclair. Ils veulent mesurer précisément l'impact qu'ils ont. Ils ont tous des stratégies de diffusion web. Qu'on parle des entreprises de breuvages, automobiles... Il faut donc être capable de discuter avec eux.»

Les défis pour y arriver sont toutefois multiples, aux dires du président du REMI. «Il faut trouver des budgets d'opération pour ce secteur, convaincre d'embaucher du personnel et se tenir à jour sur une base régulière des dernières avancées. Les festivals font déjà preuve de beaucoup de créativité. Il faut proposer quelque chose de neuf et unique chaque année. Mais l'argent pour du développement fait cruellement défaut.»