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Les pro-Brexit scandalisés par le coût de la sortie

Mercredi, l'Office de responsabilité budgétaire (OBR), a annoncé... (REUTERS)

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Mercredi, l'Office de responsabilité budgétaire (OBR), a annoncé que le Brexit allait forcer les pouvoirs publics à emprunter quelque 59 milliards de livres supplémentaires en cinq ans (100 milliards CAD).

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Patrice NOVOTNY
Agence France-Presse
Londres

La présentation d'une première facture budgétaire de 59 milliards de livres (près de 100 milliards de dollars CAD) pour le Brexit secouait encore Westminster jeudi, où l'institut de prévision officiel était accusé de charlatanisme par les eurosceptiques tandis que le ministre des Finances prenait ses distances.

«C'est encore le scénario de la catastrophe totale» publié par une organisation «qui n'a rien compris» depuis le début, a dénoncé l'ancien ministre conservateur, Iain Duncan Smith, un des leaders eurosceptiques, dans le Daily Telegraph.

Mercredi, l'Office de responsabilité budgétaire (OBR), chargé de publier des prévisions de croissance, de recettes fiscales et d'endettement du gouvernement, a annoncé que le Brexit allait forcer les pouvoirs publics à emprunter quelque 59 milliards de livres supplémentaires en cinq ans (69 milliards d'euros).

Il a ajouté que Londres allait au total devoir recourir à 122 milliards de livres d'emprunt de plus (143 milliards d'euros) d'ici à 2021 par rapport à sa précédente prévision de mars, en comptant l'effort financier de Londres pour doper l'investissement et soutenir le pouvoir d'achat des ménages.

Un autre député conservateur pro-Brexit, Jacob Rees-Mogg, a tout simplement rangé l'OBR au rang des «experts, devins et astrologues» aux intentions charlatanesques.

L'office est un institut public mais indépendant du gouvernement. Créé en 2010, ses prévisions sont censées faire autorité, car elles ne sont pas concoctées par le pouvoir chargé de préparer et de présenter le budget.

L'ancien chef du Parti Travailliste Ed Miliband est l'un des rares à avoir volé à son secours. «Et maintenant les Brexiters attaquent l'OBR. Ils ne peuvent gagner la partie sur leur Brexit dur et destructeur par la vérité, aussi essaient-ils de l'emporter par la fiction», a-t-il fustigé.

Mais le ministre des Finances lui-même, le conservateur Philip Hammond, a semblé prendre quelques distances jeudi avec les chiffres de l'OBR publiés mercredi au moment où il faisait sa déclaration budgétaire d'automne au Parlement.

«La prévision économique n'est pas une science exacte et l'OBR souligne lui-même clairement dans son rapport qu'il y a un fort degré d'incertitude en raison des circonstances», a expliqué M. Hammond jeudi matin sur la BBC Radio 4. Il a ajouté que cette prévision n'était qu'«une des multiples possibilités» pour l'avenir.

Des prévisions optimistes ?

Pour prévoir l'évolution des finances britanniques, l'OBR a notamment jugé que la croissance du pays n'atteindrait que 1,4% en 2017, bien moins que les 2,2% prévus encore en mars. Cela a d'autant plus choqué que l'activité britannique a pour l'instant bien résisté au choc du référendum du 23 juin.

L'OBR a mis en avant «l'incertitude» générée par le Brexit pour les entreprises qui va nuire aux investissements, une stagnation du pouvoir d'achat entraînée par une hausse de l'inflation et une moins bonne tenue du commerce extérieur pendant dix ans du fait de la sortie de l'UE.

Elle a ajouté que la raréfaction de l'immigration entraînerait un important manque à gagner pour le fisc.

Pour la suite toutefois, ses prévisions de croissance ne sont pas catastrophiques, avec 1,7% attendu en 2018 et surtout 2 à 2,1% lors des trois années suivantes.

Les analystes de Bank of America Merrill Lynch ont jugé ces estimations «optimistes», tout en disant «comprendre» cette prudence de l'OBR au vu «de l'absence de politique de sortie de la part du gouvernement».

Les annonces de mercredi n'ont en effet apporté aucune clarification sur la stratégie de négociations du gouvernement conservateur de Theresa May qui veut lancer formellement les négociations avec l'UE d'ici à fin mars.

La première ministre semble toujours hésiter entre les partisans du «Brexit dur», qui sont prêts à renoncer à un accès privilégié au marché unique pour davantage contrôler l'immigration, et ceux qui favorisent une ligne plus conciliante avec Bruxelles au nom de la sauvegarde des intérêts économiques et financiers du Royaume-Uni.




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