Si le président américain désigné Donald Trump met sa menace de guerre commerciale à exécution, la Chine « adoptera une approche oeil pour oeil » qui pénalisera nombre d'industries américaines.

Mis à jour le 16 nov. 2016
Karim Benessaieh LA PRESSE

« Des commandes de Boeing seront remplacées par des Airbus. Les voitures américaines et les ventes d'iPhone en Chine reculeront, et les importations de soja et de maïs seront stoppées », prévient le tabloïd chinois proche du pouvoir Global Times, dans un éditorial relevé hier par le quotidien britannique The Guardian.

Trump, en campagne électorale, s'était engagé à surtaxer de 45 % les importations chinoises et a menacé d'inscrire la Chine sur la liste des « manipulateurs de monnaie » (currency manipulators). « Aucun des présidents précédents n'a été assez inconscient pour lancer une guerre commerciale tous azimuts contre la Chine, précise le Global Times. [Si Trump le fait], il sera condamné pour son imprudence, son ignorance et son incompétence. »

En fait, selon l'analyse du tabloïd, Donald Trump n'aurait sans doute pas le pouvoir d'imposer la surtaxe de 45 % qu'il a promise. « Le plus grand pouvoir dont dispose un président américain, c'est d'imposer des taxes jusqu'à 15 % pendant 150 jours, une limite qui ne peut être dépassée que si on déclare l'état d'urgence dans le pays. » Barrack Obama, rappelle-t-on, avait annoncé au début de son premier mandat une taxe de 35 % sur les pneus chinois, à laquelle la Chine avait répliqué par une taxe sur les voitures et les poulets provenant des États-Unis. « Tant la Chine que les États-Unis en ont souffert », conclut le Global Times.