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Trump à la Maison-Blanche: une victoire contre la mondialisation

«L'économie mondiale est à la peine et ceux... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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«L'économie mondiale est à la peine et ceux qui en souffrent ont l'impression que la mondialisation en est la responsable», a réagi l'économiste japonais Seiji Katsurahata, après la victoire de M. Trump, qui a séduit les électeurs américains avec un discours virulent contre le libre-échange.

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Antonio RODRIGUEZ
Agence France-Presse
Paris

Après le Brexit, la victoire du républicain Donald Trump aux États-Unis, la principale économie mondiale, est un nouveau signal, très puissant, des «oubliés de la mondialisation» à leurs élites contre les accords très controversés de libre-échange.

«L'économie mondiale est à la peine et ceux qui en souffrent ont l'impression que la mondialisation en est la responsable», a réagi l'économiste japonais Seiji Katsurahata, après la victoire de M. Trump, qui a séduit les électeurs américains avec un discours virulent contre le libre-échange.

«Les idéaux de la globalisation se sont effacés avec l'affaiblissement de l'économie mondiale», après la crise de 2008, a souligné à l'AFP cet expert du Dai-ichi Life Research Institute.

«Les opinions, en particulier les classes populaires, ont l'impression de faire les frais de la mondialisation», a récemment expliqué à l'AFP l'économiste français Thomas Piketty, qui avait alors dénoncé la réponse «nationaliste et raciste» de M. Trump à ces défis.

Une opinion publique qui s'est sentie de plus en plus vulnérable face à des accords négociés dans l'opacité et le secret. «Il y a une perception très claire, et je pense qu'elle est exacte, que ces accords commerciaux sont conçus par les intérêts des grands groupes», a expliqué le prix Nobel Joseph Stiglitz, lors de son récent passage à Paris.

Et ces populations, lassées par les fermetures d'usine, leur affaiblissement économique, et exaspérées par les discours des dirigeants politiques et économiques en place sur l'absolue nécessité de toujours plus libéraliser les échanges, secouent le cocotier.

À la surprise des élites, le Brexit l'emporte en juin, et en novembre, Donald Trump est élu à la Maison-Blanche.

Parmi les grands patrons, certains appellent à en tirer les leçons, à l'image de Giuseppe Recchi, numéro 2 de Telecom Italia, qui a appelé «l'élite à travers le monde» à tirer les leçons des élections américaines.

«Que vous soyez faiseurs d'opinions ou commentateurs, vous ne devez pas regarder de haut les électeurs, mais au contraire amener des arguments rationnels avec humilité et montrer que vous écoutez les gens, les entreprises et les problèmes qui les préoccupent», a expliqué mercredi cet ancien du groupe américain General Electric.

Le FMI avait déjà tiré la sonnette d'alarme lors de sa réunion d'octobre, insistant à de nombreuses reprises sur le besoin d'intégrer «tout le monde et pas seulement quelques-uns» dans la mondialisation.

Sa directrice générale, Christine Lagarde, s'est montrée combattive début septembre lors du sommet du G20 en Chine. Elle avait alors souligné «la détermination» des chefs d'État du groupe des pays les plus puissants du monde à «répondre aux critiques populistes et faciles contre la mondialisation».

Mais son message ne passe pas. L'adversaire de M. Trump, Hillary Clinton, a elle aussi tenté de surfer sur cette vague de colère pendant la campagne. En 2012, elle avait soutenu le très controversé Partenariat transpacifique (PTP), avant d'opérer un virage à 180 degrés.

Des accords de libre-échange mal en point

La victoire de M. Trump se produit à un moment où les accords commerciaux ont du plomb dans l'aile. La France a demandé l'arrêt des négociations de celui entre l'UE et les USA (TAFTA et TTIP).

Et celui entre le Canada et l'UE (CETA) n'a pu être validé qu'à l'issue d'une pression extrême des dirigeants européens pour faire plier la Wallonie, région francophone de Belgique, qui s'opposait à sa signature.

«Il y a une vraie fierté politique à dire "Stop" à un moment donné», répétait le ministre-président de la Wallonie, Paul Magnette, avant de céder.

À l'approche d'élections cruciales en France et en Allemagne et pour faire face au rejet croissant de ces accords souvent négociés dans l'opacité et le secret, Paris a adressé mardi à Bruxelles une série de propositions pour les rendre plus démocratiques et transparents.

«Il n'y aura pas d'avenir européen s'il n'y a pas une démocratie extrêmement robuste», a prévenu le secrétaire d'État Matthias Fekl, rappelant que «l'Europe est menacée aujourd'hui par des tentations et des tendances extrêmement dangereuses en son sein», en allusion aux formations populistes qui gagnent du terrain.

Après la victoire de M. Trump, les marchés attendent ses premières mesures. «Nous nous attendons à ce que M. Trump commence par désigner la Chine comme un manipulateur de devises et de présenter de nombreuses plaintes devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce)», a assuré Paul Ashworth, le chef économiste de l'institut Capital Economics.

«Il va également insister pour renégocier l'ALENA (l'accord de libre-échange d'Amérique du Nord)», entré en vigueur il y a plus de vingt ans sous la présidence de Bill Clinton entre le Mexique, le Canada et les États-Unis.




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