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Grèce: pas de compromis en vue sur le déblocage d'argent

La Grèce risque de devoir encore attendre avant de recevoir les deux milliards... (PHOTO PETROS GIANNAKOURIS, ARCHIVES AP)

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Aurélie MAYEMBO
Agence France-Presse
BRUXELLES

La Grèce risque de devoir encore attendre avant de recevoir les deux milliards d'euros promis par ses créanciers en échange de réformes, tant les divergences restent importantes sur certaines mesures douloureuses avant une réunion lundi de la zone euro.

«Je ne crois pas qu'il y aura un feu vert lundi» au déboursement de cette tranche d'aide, qui dépend de la mise en oeuvre d'une première série de réformes souvent douloureuses pour Athènes, a confié vendredi une source européenne proche des discussions.

Cette somme aurait déjà dû être versée en octobre, avant un autre versement prévu pour avant la fin de l'année d'un milliard d'euros sur les 86 milliards du plan d'aide décidé au cours de l'été.

Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent lundi après-midi à Bruxelles pour leur réunion mensuelle au cours de laquelle la Grèce risque une nouvelle fois d'occuper les débats.

Il y a encore quelques jours, le climat était à l'optimisme. «Je pense que nous allons trouver un compromis d'ici à la fin de la semaine afin que l'Eurogroupe du 9 novembre soit un succès», avait déclaré mardi Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, pendant une visite à Athènes.

Vendredi, le ton n'était plus le même. Sa porte-parole estimait que la réunion serait «une occasion de faire le point sur les avancées». Rien de plus. «Le travail continue, tant sur le plan technique que politique. Des progrès sont faits chaque jour», a-t-elle ajouté.

Appel de Tsipras

Les négociations se sont poursuivies pendant le week-end et les 19 directeurs du Trésor de la zone euro se sont parlé dimanche «afin de faire le point».

Les divergences entre Athènes et ses créanciers portent principalement sur le règlement des arriérés fiscaux et en matière de cotisations sociales, ainsi que sur la question de la saisie des résidences principales.

Les créanciers réclament des mesures pour faciliter les saisies immobilières, mais Athènes résiste, et veut maintenir certaines des dispositions permettant d'en protéger la majorité des ménages endettés. Les discussions portent concrètement sur la valeur-plafond en-dessous de laquelle une résidence principale ne pourra pas être saisie.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé dimanche le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, ainsi que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour répéter que la position d'Athènes est «compatible» avec l'accord de sauvetage trouvé en juillet, et qu'elle est cruciale pour «maintenir la cohésion sociale», selon un communiqué de ses services.

Parmi les autres points sensibles figurent la hausse de la TVA dans les îles grecques et dans l'enseignement privé, et le prix minimum des médicaments génériques.

Pas de conflit

Malgré les différends, ces négociations se déroulent dans un climat apaisé, loin des turbulences de l'été qui ont failli déboucher sur une sortie de la Grèce de la zone euro.

«Le climat n'est pas au conflit. Personne n'essaie de pousser la Grèce dehors», confirme une source proche des discussions. «Des pas ont été faits» pour régler les questions en suspens, poursuit-elle.

Car au-delà du déboursement de cette tranche d'aide de deux milliards d'euros, l'agenda s'annonce chargé pour le gouvernement grec, qui doit adopter d'ici à la fin de l'année un deuxième train de mesures pour compléter les «mesures préliminaires» réclamées jusqu'ici.

Le projet de loi qui sera soumis au Parlement grec doit notamment inclure une réforme du système des retraites, avec de nouvelles coupes dans les pensions, et des réformes pour améliorer la gouvernance du système financier. De ce dernier point dépendra le déblocage de 10 milliards d'euros déjà mis de côté par les créanciers d'Athènes pour les banques grecques, a indiqué un responsable européen sous couvert d'anonymat.

Selon un bilan réalisé par la Banque centrale européenne, les quatre principales banques privées grecques (Alpha Bank, Eurobank, NBG et Piraeus Bank) ont besoin d'au plus 14,4 milliards d'euros pour faire face à la dégradation de leur situation financière et à la fuite des capitaux en raison de la crise.

L'autre grande échéance pour Athènes est la conclusion d'une première évaluation de son programme de réformes, effectuée par ses créanciers (UE et FMI), espérée avant fin 2015. Une fois cette étape franchie, les discussions sur une restructuration de la colossale dette grecque -cruciales aux yeux du gouvernement issu de la gauche radicale- pourront débuter.




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