La Banque d'Angleterre a maintenu inchangé, à 0,50%, son taux directeur lors de sa réunion de septembre achevée jeudi, et s'est voulu sereine face à l'agitation autour de la croissance chinoise.

Mis à jour le 10 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Comité de politique monétaire (CPM) a pris cette décision à huit voix contre une, a précisé la Banque d'Angleterre gouvernée par Mark Carney dans les minutes de la réunion. Comme le mois dernier, Ian McCafferty s'est prononcé en faveur d'une hausse de 25 points de base du taux directeur de l'institution, évoquant une hausse progressive des pressions inflationnistes au Royaume-Uni.

Le CPM de la banque centrale britannique a aussi décidé, à l'unanimité tout comme en août, de garder à 375 milliards de livres (515 milliards d'euros) le montant total de son programme de rachats d'actifs, dit d'«assouplissement quantitatif», lancé en mars 2009 et épuisé depuis novembre 2012.

Depuis sa dernière réunion début août, les marchés ont toutefois été très agités en raison des craintes de ralentissement de la croissance en Chine, deuxième puissance économique mondiale.

«Bien que les risques émanant de l'étranger aient augmenté, il serait prématuré de tirer des conclusions hâtives des événements de ce mois quant au rythme attendu de l'activité au Royaume-Uni», a souligné le CPM.

Le comité a en effet estimé que si l'impact du ralentissement chinois et des autres pays émergents, conjugué à la forte volatilité des marchés, avait «le potentiel d'entraver la croissance et l'inflation britanniques», ces développements devaient être jugés à l'aune «des perspectives d'une expansion intérieure robuste et ininterrompue».

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, ne fait pas mystère depuis des mois de l'intention de la Banque d'Angleterre de commencer à relever ses taux à un horizon proche, tout en prévenant que le rythme de la hausse du taux directeur serait sans doute plus lent que celui observé lors des phases précédentes de normalisation monétaire.

La faible inflation observée au Royaume-Uni dernièrement - autour de zéro lors des six derniers mois - n'a toutefois pas poussé l'institut d'émission, qui vise une inflation de 2%, à se dépêcher de resserrer sa politique monétaire.

«Le CPM n'a pas trop de pression pour relever les taux rapidement», a souligné Vicky Redwood, de Capital Economics, après la réunion.

«La situation semble en effet plus claire pour (la Banque d'Angleterre) que pour la Fed américaine. La reprise économique au Royaume-Uni semble ralentir (temporairement toutefois), le marché du travail est moins dynamique et un retour à la déflation est probable dans les mois à venir», a ajouté l'économiste qui y voit autant d'éléments plaidant pour un maintien du taux pendant encore un moment.