La techno stimule la demande de bureaux à Montréal

Montréal compte 127 000 emplois dans le domaine... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Montréal compte 127 000 emplois dans le domaine de la technologie, ce qui en fait le 10e marché en importance sur 50 villes en Amérique du Nord.

Photo André Pichette, Archives La Presse

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Poussé par l'essor de l'intelligence artificielle dans la métropole québécoise, le secteur de la technologie pèse lourd dans la demande de bureaux, constate l'agence immobilière CBRE, dans un récent rapport sur la question. Le même phénomène se vit encore plus intensément à Toronto.

Montréal compte 127 000 emplois dans le domaine de la technologie, ce qui en fait le 10e marché en importance sur 50 villes en Amérique du Nord, loin toutefois derrière Toronto (212 500 emplois), qui pointe au 4e rang, mais devant Ottawa (70 600 emplois) et Vancouver (65 100 emplois).

Deux exemples récents de l'effervescence du secteur à Montréal : Element AI et Mila (Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal) ont signé des baux de plus de 60 000 pi2 chacun au 6666, Saint-Urbain, faisant de l'endroit l'épicentre de la recherche en intelligence artificielle au pays.

D'autres entreprises technologiques devraient faire parler d'elles d'ici la fin de l'année. En janvier dernier, La Presse avançait qu'Airbnb (qui a acheté la montréalaise Luxury Retreats pour 300 millions US en 2017) cherchait jusqu'à 150 000 pi2.

« En 2018, 22 % de la demande de bureaux émane du secteur de la technologie à Montréal », explique Avi Krispine, directeur général de CBRE Québec.

La ville où travaillent Yoshua Bengio et Joëlle Pineau affiche une croissance de 21,2 % du nombre de ses emplois technologiques depuis 5 ans, soit un gain de 22 300 emplois. 

Les données sont tirées d'un rapport de recherche portant sur les « technotalents » et leur impact sur le marché immobilier. Il a été préparé par la firme CBRE qui a comparé 50 marchés à travers le Canada et les États-Unis. Le système de pointage s'appuie sur pas moins de 13 critères, incluant la quantité, la croissance, la concentration, le coût, la scolarité des technotalents, des perspectives de croissance du secteur et l'inflation dans les loyers des bureaux et des logements.

Selon la définition utilisée par CBRE, on dénombre environ 6 millions de travailleurs technos au total dans les deux pays.

Dans ce palmarès, Toronto apparaît au 4e rang, lui qui a connu une croissance de plus de 50 % du nombre d'emplois technos depuis 2012. Au centre-ville de la Ville Reine, la technologie représente maintenant 36 % de la demande de bureaux, soutient l'agence immobilière.

Globalement, Montréal occupe le 14e rang, mais occupe le 10e quand on s'attarde à l'importance de son secteur ou à la croissance du secteur.

DU BON... ET DU MOINS BON

Parmi les aspects positifs, Montréal arrive au 7e rang sur 50 quant à l'importance de l'emploi techno dans l'emploi total. À Montréal, 6,8 % de tous les emplois sont concentrés dans cette catégorie. Elle est aussi la ville la moins chère du continent pour exploiter une firme techno, sur la base des salaires et des loyers demandés. Une entreprise de 500 personnes occupant 75 000 pi2 coûte annuellement 27,6 millions en salaires et en loyers. À Toronto, la facture monte à 30,2 millions, tandis que dans la Silicon Valley, il faudrait allonger 59,1 millions.

Le taux de change explique évidemment une partie des économies observées dans les villes canadiennes.

Montréal a aussi la particularité de créer plus d'emplois en technologie qu'elle ne forme de diplômés, ce qui entraîne une importation de cerveaux. Dans le plus récent cycle de cinq ans, les établissements d'enseignement supérieur ont produit 18 200 diplômés, tandis que la métropole a gagné 22 300 emplois dans le secteur technologique.

« Quand on discute avec les PDG et qu'on leur demande où ils prennent leurs talents, ils répondent de Vancouver, de l'Ouest et même de Toronto, parce que ça coûte trop cher à ces individus de s'établir à Toronto ou Vancouver », indique Avi Krispine.

Montréal perd toutefois de sa superbe avec un taux de diplomation inférieur à la plupart des villes. Sa population de milléniaux croît plus lentement que chez les leaders du classement.

Tache à son dossier, elle demeure la ville où la proportion de femmes est la plus faible parmi les employés technos. Leur part du gâteau y est de 19,2 %, comparativement à 27,7 % à Toronto.

Une raison pourrait être l'importance des ingénieurs dans la cohorte techno montréalaise, un secteur largement masculin. Près du tiers des 127 000 emplois technos touchent au génie à Montréal. À Toronto, c'est 23 % et à Ottawa, c'est 18 %.




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