Cominar (T.CUF.UN) achètera finalement le fonds de placement immobilier (FPI) Canmarc (T.CMQ.UN) pour une somme de près de 1 milliard de dollars, avec l'accord de sa direction et de son conseil de fiduciaires.

Mis à jour le 17 janv. 2012
André Dubuc LA PRESSE

Cominar, qui avait annoncé initialement une offre à 15,30$ la part le 25 novembre, a dû bonifier son offre à 16,50$. Canmarc avait rejeté la première offre le 13 décembre, tout en se disant ouvert à une éventuelle bonification. Le prix final de 16,50$ la part correspond à une prime de 24% par rapport à l'offre initiale. Le détenteur de part peut aussi accepter 0,7607 part de Cominar pour sa part de Canmarc.

«Nous sommes heureux de soutenir l'offre modifiée de Cominar et nous recommandons à nos porteurs de parts de l'accepter», a dit Jim Beckerleg, président et chef de la direction de Canmarc, par voie de communiqué. Pas plus tard que le 6 décembre, Canmarc avait adopté une modification à son régime des droits des actionnaires pour contrer l'offre.

Cominar a d'ailleurs contesté la légalité de cette dragée toxique devant le Bureau de décision et révision en valeurs mobilières. La cause devait être entendue le 19 janvier.

Plus visible au centre-ville de Montréal

Avec cette acquisition dont la conclusion est attendue d'ici au 27 janvier, le FPI Cominar, de Québec, augmente la taille de son portefeuille de 45% d'un seul coup. Il accentue sa présence dans le reste du Canada tout en consolidant sa position de leader au Québec.

«À la taille qu'avait Cominar, nous voulions obtenir une note de catégorie supérieure [pour nos titres de dettes], mais la concentration de notre portefeuille dans une seule province posait problème pour l'agence DBRS, explique Michel Dallaire, président et chef de la direction, en entretien à La Presse Affaires. Avec cette transaction, nous sommes sûrs d'atteindre notre objectif avant longtemps.»

La part du portefeuille du FPI située au Québec passe de 89% à 79%.

Autre bénéfice de la transaction, Cominar deviendra plus visible au centre-ville de Montréal.

Elle met le grappin sur la Place Alexis-Nihon et le Complexe de la Gare Centrale du Canadien National, deux éléments d'actif de plus de 1 million de pieds carrés chacun, soit la taille du 1000, de La Gauchetière.

Canmarc est constituée en bonne partie de l'ancien portefeuille de centres commerciaux du FPI Alexis Nihon, dont le Centre Laval, que Cominar avait tenté d'acheter en 2007.

En téléconférence, Michel Dallaire a estimé à 5 millions les économies à réaliser d'ici 12 mois dans les frais généraux et administratifs découlant du regroupement des deux entités.

Valeur multipliée par 20 en 15 ans

«Cominar a été le premier FPI québécois en 1998 [avec un portefeuille de 3 millions de pieds carrés d'une valeur de 246 millions], se souvient François Des Rosiers, professeur de gestion urbaine et immobilière de l'Université Laval, qui détient lui-même des parts de Cominar. La croissance importante de son portefeuille dénote la popularité des FPI auprès des investisseurs boursiers.»

Ce véhicule d'investissement offre la possibilité à la fois au grand public et aux institutionnels d'investir en immobilier commercial sans les tracas de la détention directe.

Avec l'acquisition de Canmarc, la valeur du portefeuille de Cominar croît à 4,8 milliards.

Le fonds devient le deuxième FPI canadien dit diversifié d'envergure du Canada, derrière H&R.

RioCan, spécialisé dans les centres commerciaux, demeure le plus important FPI canadien.

Michel Dallaire a répété l'objectif d'atteindre 40 millions de pieds carrés d'ici à 2016.

La famille Dallaire contrôle 13% de Cominar, avant la transaction avec Canmarc.

Hier, le titre de Cominar a perdu 53 cents, ou 2,37%, à 21,85$, à la Bourse de Toronto. De son côté, Canmarc a gagné 3,25% pour clôturer à 16,52$.