Le producteur allemand de sel et d'engrais K+S a indiqué jeudi rester ouvert à une meilleure offre de la part du géant canadien de la potasse Potash Corp, auquel il a déjà opposé deux refus.

Publié le 13 août 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous ne bloquons absolument pas une transaction potentielle», a déclaré le directeur financier du groupe Burkhard Lohr, lors d'une conférence d'analystes.

M. Lohr a toutefois répété, comme le fait K+S depuis plusieurs semaines, que le prix de 41 euros par action proposé par son concurrent Potash sous-évalue largement le groupe allemand.

«Si une nouvelle proposition est envoyée, nous l'examinerons avec la plus grande attention», a-t-il précisé dans une vidéo publiée sur le site internet du groupe.

K+S a investi massivement ces dernières années dans une nouvelle mine de potasse en Saskatchewan, province canadienne riche de ce minerai essentiel pour la fabrication de nombreux engrais.

Cette nouvelle mine, baptisée Legacy, est une cible de choix pour Potash, qui a son siège dans la région. Elle doit commencer à produire l'an prochain, mais la direction de K+S affirme que son potentiel n'est absolument pas intégré dans sa valorisation boursière.

«Il est clair que Potash Corp tente de tirer parti de l'écart de valorisation existant pour acquérir K+S au rabais et ainsi prendre le contrôle de Legacy», a estimé le patron du groupe Norbert Steiner, dans une autre vidéo publiée sur le site de K+S.

Le groupe de Cassel (ouest) estime, selon la presse, qu'une offre d'au moins 50 euros par action serait plus appropriée pour intégrer la valeur de Legacy et de la production de sel, une activité dont il est le numéro un mondial.

L'industriel a toutefois un actionnariat complètement morcelé, et la direction serait impuissante si Potash optait pour une offre hostile, susceptible d'amadouer les actionnaires. D'autant que le titre vaut actuellement moins que les 41 euros proposés par Potash : il gravitait à 36,25 euros à la Bourse de Francfort vers 09H30 GMT, en hausse de 0,71% grâce à de bons résultats au deuxième trimestre.

K+S fait donc feu de tout bois pour convaincre : un récent sondage effectué auprès des petits actionnaires, qui pèsent 30% du capital, montre que la majorité d'entre eux soutient la résistance de la direction.

L'allemand, qui emploie 14 000 personnes dans le monde, veut également des garanties pour ses salariés. Après une première offre décriée en juin, Potash a semble-t-il fait des concessions sur ce volet, dans sa dernière proposition rejetée vendredi. Mais l'effort est loin d'être suffisant, selon K+S.

Les garanties proposées ne sont «pas fiables», a estimé M. Lohr, sans révéler les détails. «Il y a tellement de décharges de responsabilité qu'il est impossible de faire respecter quoi que ce soit si nécessaire», a-t-il conclu.