Le titre du fabricant montréalais de vêtements Gildan perdait plus de 22% de sa valeur jeudi.

Mis à jour le 12 févr. 2009
LA PRESSE CANADIENNE

À écouter les dirigeants de Gildan [[|ticker sym='T.GIL'|]] à l'assemblée annuelle de jeudi, on aurait pu difficilement croire que l'action du fabricant de vêtements était en train de perdre plus de 20 pour cent de sa valeur en Bourse.

En milieu d'après-midi, le titre de l'entreprise montréalaise s'échangeait à 9,75 $, en baisse de 22,3 pour cent, à la Bourse de Toronto. En cours de séance, il est descendu aussi bas que 9 $. Il faut remonter à novembre 2001 pour retrouver un cours aussi bas.

«Notre seul problème, c'est de savoir combien de bénéfice par action nous dégagerons cette année et comment nous naviguerons dans ce ralentissement économique», a soutenu le premier vice-président et chef des services financiers de Gildan, Laurence Sellyn, en conférence de presse.

«Nous demeurons rentables et nous jouissons d'importants avantages concurrentiels, a-t-il ajouté. Nous générons des flux de trésorerie positifs et nous n'avons pas de dette. De plus, la situation actuelle de l'économie fait en sorte qu'il y aura de la rationalisation dans le marché, ce qui créera des occasions stratégiques (d'acquisitions) dont nous pourrons profiter grâce à notre capacité inutilisée d'endettement.»

L'action de Gildan a plongé après que l'entreprise eut annoncé, mercredi, qu'elle suspendait ses prévisions financières pour le reste de l'exercice et qu'elle reportait ses projets d'expansion de sa capacité de production.

En dépit de cette décision, «nous avons identifié des façons moins coûteuses d'agrandir graduellement nos usines existantes afin de soutenir la croissance prévue en 2010», a précisé Laurence Sellyn.

Au premier trimestre de l'exercice 2008-09, terminé le 4 janvier, les profits nets de Gildan ont dégringolé de 84 pour cent pour s'établir à 4,4 millions $ US, alors que le chiffre d'affaires a plongé de 26,5 pour cent à 184 millions $ US.

<b>Parts de marché en hausse</b>

Le fabricant a néanmoins profité de la faiblesse de ses concurrents pour accroître ses parts de marché aux Etats-Unis, qui dépassent désormais 50 pour cent pour les t-shirts et les vêtements molletonnés, 35 pour cent pour les chandails sport et 30 pour cent pour les chaussettes.

Selon l'analyste Sara O'Brien, de RBC Marchés des capitaux, Gildan a consenti d'importants rabais basés sur les volumes pour gagner des parts de marché. Dans une note, elle a souligné que la rentabilité de Gildan reposait sur les ventes en très grandes quantités.

La direction de Gildan a fait peu de cas, jeudi, de la principale crainte des analystes à l'heure actuelle: que des grossistes déclarent faillite en raison de la crise mondiale du crédit, ce qui forcerait l'entreprise à radier d'importants comptes clients.

«Tous nos distributeurs de gros respectent actuellement leurs ententes de crédit et aucun n'accuse de retard dans ses paiements», a relevé M. Sellyn, en assurant tout de même que Gildan suivait la situation de près.

«Nous devons concilier notre risque de crédit avec notre volonté d'accroître nos parts de marché», a-t-il tout de même noté.

Gildan travaille actuellement à un nouveau plan quinquennal qui mettra l'accent sur l'expansion des ventes en Europe et dans le secteur du commerce de détail en Amérique du Nord. L'entreprise compte notamment procéder par acquisitions.

Aux Etats-Unis, Gildan veut convaincre ses clients actuels d'acheter l'ensemble de ses produits, plutôt que de se limiter à une seule catégorie. L'entreprise voudrait ainsi amener Wal-Mart, l'un de ses principaux clients, à acheter des t-shirts, des molletonnés et des sous-vêtements en plus des chaussettes.

Les dirigeants veulent aussi explorer d'autres possibilités d'affaires, notamment le secteur des uniformes.