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Pour l'économie mondiale, Trump doit faire des routes, pas la guerre commerciale

Donald Trump... (Photo Mike Segar, Archives Reuters)

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Donald Trump

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Antonio Rodriguez
Agence France-Presse
Paris

Malgré son slogan «America first», Donald Trump pourrait aussi porter secours à une croissance mondiale en panne avec son gigantesque plan de relance dans les infrastructures, à condition qu'il ne tienne pas toutes ses promesses protectionnistes.

Le plan de relance du président élu, évalué à 550 milliards de dollars par son administration naissante, «pourrait être positif (...), s'il est appliqué judicieusement», a affirmé Beth Ann Bovino, chef économiste pour les États-Unis de l'agence de notation S&P, lors d'une récente rencontre avec la presse à Paris.

Après avoir redouté pendant la campagne électorale une explosion de la dette, que ce plan pourrait propulser jusqu'à 120 ou 130% du PIB, de nombreux économistes et même le FMI attendent désormais de ces investissements colossaux un coup de pouce pour une économie mondiale qui pâtit d'une croissance molle.

«Tout argent public investi dans les infrastructures américaines, qui en ont cruellement besoin, ne peut être que bienvenu», a expliqué à l'AFP Ludovic Subran, chef économiste de l'assureur-crédit Euler Hermes, qui lui aussi s'attend à un impact «positif» sur la croissance.

Si le président élu applique ce programme dès son arrivée à la Maison-Blanche à la mi-janvier, «l'inflation se diffusera partout dans le monde», a souligné Laurent Geronimi, directeur de la gestion des taux de la banque privée Swiss Life.

Un coup de pouce bienvenu notamment pour la BCE qui a du mal à sortir la zone euro de la stagnation des prix.

Quant aux pays émergents, qui ont subi la chute des cours des matières premières ces dernières années, ils pourraient bénéficier de ces grands travaux et de la hausse attendue du dollar.

«Si la devise américaine s'apprécie, c'est une bonne chose pour nous parce que nous sommes exportateurs de pétrole et de matières premières et elles se vendent en dollars. Et quand le dollar s'apprécie, nous gagnons un peu plus», a expliqué Lucas Abaga Nchama, gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC).

Mais le gouverneur fait preuve d'une extrême prudence. Et pour cause! Car le candidat Trump a également fait tout un lot de promesses protectionnistes, nettement moins enthousiasmantes pour la croissance mondiale si le futur président les appliquait réellement.

Une guerre commerciale ?

Sa première annonce lundi soir s'est inscrite dans le droit fil de sa campagne: il a annoncé le retrait des États-Unis du traité commercial transpacifique TPP, dès le premier jour de sa présidence.

Reste à savoir s'il ira plus loin en imposant notamment d'importantes hausses tarifaires sur les importations chinoises ou s'il exigera la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

«Le commerce est l'une des incertitudes que nous suivons de près», a assuré Mme Bovino, qui craint «une sorte d'oeil pour oeil, dent pour dent où tout le monde serait perdant».

«Mais nous n'en sommes pas encore là», a reconnu l'économiste de S&P, tout en prévenant que «si les États-Unis s'engagent très fortement dans une position isolationniste, il est juste d'attendre une réponse de nos partenaires commerciaux. Une réponse que personne ne souhaite».

Mais avant que cette guerre commerciale ne soit déclarée, les promesses de Trump pourraient déjà avoir «un double effet kiss cool sur l'inflation» s'il adopte des mesures protectionnistes en même temps que ses investissements dans les infrastructures, a expliqué M. Subran.

À la hausse des prix provoquée par le plan de relance s'ajouterait alors celle des produits importés. Et qui dit fort rebond de l'inflation, dit forcément une hausse des taux de la banque centrale américaine (Fed) plus brutale qu'attendu.

Avec des conséquences néfastes pour l'économie mondiale, en particulier pour les émergents qui subiraient une accélération de la fuite des capitaux vers des placements mieux rémunérés et moins risqués, ainsi qu'une chute de leur devise et une hausse du service de leur dette libellée en dollars.

Par conséquent, comme le souligne l'économiste Olivier Blanchard, du Peterson Institute for International Economics (PIIE), «tout dépendra de l'équilibre entre les mesures macroéconomiques et commerciales» qui seront prises par M. Trump et qui fera que l'économie mondiale connaîtra soit une expansion, soit une récession.




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