Un des dirigeants de la banque centrale américaine (Fed), Daniel Tarullo, a estimé jeudi que celle-ci devait accentuer encore son soutien à l'économie américaine et a proposé pour cela une solution qui la verrait créer de nouveau de la monnaie en masse.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'économie américaine «est en train de s'enliser» et a donc besoin d'un soutien, a estimé M. Tarullo, gouverneur à la Fed, lors d'un discours à New York dont le texte a été transmis à la presse.

Face à cette situation, estime en substance M. Tarullo dans cette longue dissertation, la politique monétaire est une arme bien imparfaite et n'est certainement pas la seule.

Cependant, juge-t-il, les dirigeants de la Fed doivent «prendre le monde tel qu'il est et agir en conséquence».

Le fait que le Congrès ne montre aucune volonté d'adopter le plan de relance budgétaire présenté par le gouvernement «ne doit pas servir de prétexte à la Réserve fédérale pour ne pas tenir compte» de ses obligations, qui sont d'assurer le plein emploi et la stabilité des prix.

«À l'heure actuelle», cela signifie qu'il faut «assouplir encore la politique monétaire, même si celle-ci ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes de l'économie».

La Fed a décidé en septembre d'assouplir un peu plus sa politique monétaire déjà ultra-accommodante en jouant sur la composition de son portefeuille de titres financiers pour tenter de faire baisser un peu plus les taux d'intérêt à long terme, déjà très bas, tout en maintenant les taux courts au plancher.

Cette décision, très contestée au sein même de la Fed, est censée permettre d'augmenter le soutien de la banque centrale à l'économie sans que la Réserve fédérale ait besoin de créer de la monnaie comme elle l'a fait depuis 2008 en rachetant des titres sur les marchés financiers.

Pour M. Tarullo, compte tenu du niveau très élevé du chômage (9,1%), une éventualité «digne de considération» s'offre désormais à la Fed pour augmenter son concours financier à l'économie: reprendre des «achats à grande échelle de titre adossés à des actifs immobiliers», ce qui reviendrait à créer de nouveau de la monnaie en masse.