Les cours du pétrole ont divergé mardi à la réouverture du marché américain après un week-end prolongé, tout en restant proches de leurs plus hauts en trois mois.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a fini à 66,45 $ sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 5 cents par rapport à la clôture de la veille.

Lundi, le Brent avait atteint à la fermeture un niveau plus vu depuis novembre.

Sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), le baril de light sweet crude (WTI) pour mars a avancé de 50 cents, à 56,09 $, son plus haut niveau depuis trois mois.

Le marché du WTI n'était pas ouvert lundi en raison d'un jour férié et a effectué « une séance de rattrapage » par rapport à la hausse lundi du Brent, a affirmé John Kilduff d'Again Capital.

Outre ce motif technique, l'évolution contrastée des barils new-yorkais et londonien reflète les sentiments contradictoires qui prévalent actuellement sur le marché du pétrole après plusieurs semaines d'envolée des cours.

Certains investisseurs poussent les prix vers le haut, invoquant par exemple la décision de l'Arabie saoudite de baisser son offre, tandis que d'autres s'inquiètent du ralentissement économique mondial et préfèrent par conséquent liquider leurs positions.

Un des « facteurs clés » de la récente hausse a été « la réduction de l'offre de pétrole de l'Arabie saoudite », soulignent les analystes de Commerzbank, citant la base de données Joint Organization Data Initiative (Jodi), qui a fait état d'une baisse des exportations saoudiennes de 6,7 % en décembre, à environ 7,6 millions de barils par jour (mbj).

« Et les exportations de l'Arabie saoudite ont dû décliner encore plus en janvier et février du fait des réductions de production mises en place au début de l'année », ont-ils ajouté.

Depuis janvier, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires, dont la Russie, doivent appliquer des limitations de production plus strictes, comme ils l'avaient promis début décembre pour redresser les cours.

À cette baisse de la production saoudienne, il faut ajouter « l'optimisme du marché concernant un succès des négociations commerciales [Chine-États-Unis] et les nouvelles sanctions contre le Venezuela » à l'initiative de Washington, a souligné Benjamin Lu, analyste pour Phillip Futures.

Les négociations commerciales, qui ont repris mardi à Washington, se passent « très bien », a affirmé mardi le président américain, Donald Trump, reconnaissant toutefois qu'elles sont « très complexes ».

Outre la difficulté de ces négociations, les facteurs d'incertitudes sont nombreux sur le marché, affirme John Kilduff.

« La menace de taxes douanières punitives contre les importations d'automobiles européennes aux États-Unis et des données économiques décevantes en Italie font craindre un ralentissement économique généralisé et, forcément, une demande de pétrole en baisse. »