L'exploitant de l'oléoduc Keystone XL dit avoir l'intention d'entamer la construction du projet l'an prochain, maintenant que le département d'État américain a conclu que d'importants dégâts environnementaux liés à une fuite sont improbables et qu'ils pourraient être rapidement atténués.

Publié le 24 sept. 2018
ASSOCIATED PRESS

Le porte-parole de TransCanada, Matthew John, a indiqué lundi que la société restait déterminée à faire avancer le projet après des années d'examens réalisés par les organismes de réglementation des gouvernements fédéraux et des États. La société a déjà commencé à préparer des chantiers et à transporter des tuyaux pour le projet dans le Montana et le Dakota du Sud, mais TransCanada a indiqué, dans des documents présentés à la cour, qu'elle n'envisageait pas de commencer la construction au Nebraska dans la première moitié de 2019.

Le rapport publié vendredi par le département d'État de l'administration Trump a été vivement critiqué par les groupes environnementaux. Ces derniers affirment qu'ils continueront à lutter contre le projet, qu'ils considèrent comme une menace environnementale.

« L'administration Trump ne voit aucun problème avec la construction de Keystone XL - et par ailleurs, l'herbe est toujours verte et le ciel est toujours bleu », a observé la directrice de campagne du Sierra Club, Kelly Martin.

Le rapport actualisé de 338 pages a été publié un peu plus d'un mois après qu'un juge fédéral du Montana a ordonné au département d'État américain de procéder à un examen plus approfondi du tracé prévu pour l'oléoduc à la suite des changements imposés par les autorités du Nebraska.

L'étude d'impact environnemental originale a été publiée en 2014, avant que les autorités de réglementation du Nebraska n'approuvent un itinéraire « alternatif » plus long que celui privilégié par la société. Le président Donald Trump a approuvé un permis fédéral pour le projet en mars 2017, annulant la décision de l'ancien président Barack Obama de le rejeter en raison des inquiétudes concernant les émissions de gaz à effet de serre.

Selon le rapport, le pipeline de 8 milliards de dollars, d'une capacité d'environ 1900 kilomètres, aurait un impact environnemental « négligeable à modéré ». Une surveillance continue et des valves d'arrêt automatique aideraient les responsables de l'entreprise à identifier rapidement une fuite ou un bris. En outre, le rapport indique que TransCanada a mis en place un plan d'action qui devrait atténuer les effets s'il est mis en oeuvre rapidement.

« Une intervention rapide de nettoyage serait probablement capable de restaurer le sol contaminé avant que l'écoulement dangereux n'atteigne la profondeur de la nappe phréatique », indique le rapport.

Les écologistes, les tribus amérindiennes et une coalition de propriétaires fonciers ont empêché l'entreprise d'aller de l'avant avec la construction. En plus d'une poursuite fédérale au Montana, qui vise à mettre un terme au projet, les opposants sont en instance devant la Cour suprême du Nebraska. Les arguments oraux dans le cas du Nebraska ne devraient pas être entendus avant le mois prochain.

Les critiques du projet ont soulevé des préoccupations concernant les déversements qui pourraient contaminer les eaux souterraines et les droits de propriété des propriétaires fonciers touchés. Au Nebraska, un des principaux champs de bataille du projet, les opposants tentent de changer la composition de la Commission de la fonction publique du Nebraska dans l'espoir d'annuler une décision antérieure autorisant le passage de l'oléoduc dans l'État.

Le dernier rapport du département d'État qui doit encore faire l'objet d'un examen et de commentaires publics, mais les fonctionnaires fédéraux s'attendent à ce que sa version finale soit prête en décembre. Dans les documents judiciaires de la poursuite au Montana, les avocats de TransCanada ont déclaré qu'ils croyaient que toutes les poursuites en instance seraient réglées avant le début de la construction.

Le pipeline transporterait jusqu'à 830 000 barils de pétrole brut par jour du Canada vers le Montana et le Dakota du Sud, jusqu'à Steele City, au Nebraska, où il serait raccordé au pipeline original Keystone qui descend jusqu'aux raffineries texanes de la côte Golfe. Le département d'État a noté que TransCanada avait un taux de déversement global inférieur à la moyenne de l'industrie des pipelines.