Le pétrole coté à New York a nettement baissé mercredi après l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut et de produits raffinés aux États-Unis ainsi que d'un nouveau record côté production, signes d'une offre abondante dans le pays.

Publié le 6 juin 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en juillet a reculé de 79 cents à 64,73 $.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé à 75,36 $ sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 2 cents par rapport à la clôture de mardi.

«Le marché a été très clairement guidé par le rapport hebdomadaire officiel sur le niveau des réserves de pétrole aux États-Unis, ce qui explique la différence entre le WTI et le Brent», a souligné Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

Selon ce document de l'Agence américaine d'information sur l'Énergie (EIA) diffusé en cours de séance, les réserves de brut ont augmenté de 2,1 millions de barils lors de la semaine achevée le 1er juin, alors même que les analystes attendaient une baisse.

Les réserves d'essence ont elles augmenté de 4,6 millions de barils et celles de fioul de chauffage et de gazole ont progressé de 2,2 millions, soit bien plus qu'anticipé.

Parallèlement, la production de brut a, pour la 15e semaine de suite, grimpé à un nouveau record depuis que ces chiffres ont commencé à être compilés en 1983, les États-Unis extrayant en moyenne 10,80 millions de barils par jour (mb/j).

Les raffineries, qui bénéficient actuellement de marges élevées, cherchent à en profiter et ont accéléré la cadence en fonctionnant à 95,4% de leurs capacités.

La persistance de risques géopolitiques pour l'approvisionnement en or noir a limité le repli des cours du Brent.

L'attention des marchés se tournait notamment vers l'Iran, alors que les exportations du pays vont être mises à mal par le retrait américain de l'accord de 2015 sur le nucléaire.

«Les efforts de l'Union européenne pour obtenir des États-Unis des permissions pour faire affaire avec l'Iran risquent fort d'être mises à mal par les dernières annonces du pays», ont commenté les analystes de Commerzbank en faisant référence à l'annonce par Téhéran de la mise en route d'un plan visant à augmenter sa capacité à enrichir l'uranium.

Du côté du Venezuela, autre grand pays producteur de brut, le marché digérait encore mercredi les informations de presse selon lesquelles le groupe public PDVSA n'allait pas être en mesure de respecter ses engagements auprès de certains de ses clients en juin faute d'une production suffisante.