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Cryptomonnaies: Bitfarms veut obtenir jusqu'à 250 mégawatts d'électricité

Les installations de Bitfarms, à Saint-Hyacinthe. L'entreprise québécoise... (Photo Lars Hagberg, Agence France-Presse)

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Les installations de Bitfarms, à Saint-Hyacinthe. L'entreprise québécoise veut qu'Hydro-Québec lui réserve par « contrat spécial » un bloc de 100 à 250 mégawatts d'électricité.

Photo Lars Hagberg, Agence France-Presse

Tristan Péloquin, Gabriel Béland
La Presse

Alors qu'Hydro-Québec étudie les demandes d'une centaine d'entreprises qui réclament un tarif préférentiel pour miner de la cryptomonnaie, l'une d'elles, la québécoise Bitfarms, sollicite différents ministères pour qu'Hydro-Québec lui réserve par « contrat spécial » un bloc de 100 à 250 mégawatts d'électricité.

Hydro-Québec dit avoir reçu une centaine de demandes d'entreprises... (Photo Bernard Brault, Archives La Presse) - image 1.0

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Hydro-Québec dit avoir reçu une centaine de demandes d'entreprises de minage de cryptomonnaie pour un total de 9000 mégawatts, soit six fois la production estimée de la future centrale de La Romaine.

Photo Bernard Brault, Archives La Presse

Inscrite à la Bourse de Tel-Aviv, en Israël, l'entreprise québécoise s'est enregistrée cette semaine au Registre des lobbyistes pour faire cette demande.

« C'est en lien avec un projet de 400 millions de dollars que nous développons à Baie-Comeau. Nous comptons y créer 500 emplois, avec notamment des laboratoires pour réparer les machines de minage et un centre de recherche et de développement », explique Pierre-Luc Quimper, un des fondateurs de Bitfarms.

Extrêmement énergivore, le minage de cryptomonnaies permet de confirmer grâce à des réseaux d'ordinateurs hyperpuissants les transactions réalisées avec des monnaies virtuelles, comme le bitcoin et l'ethereum. Bitfarms, un des acteurs les plus importants du domaine en Amérique, vient d'annoncer au début du mois un projet de 250 millions de dollars à Sherbrooke, qui consommera l'électricité de 8000 ménages sur le réseau d'Hydro-Sherbrooke.

L'entreprise affirme créer près de trois emplois directs pour chaque mégawatt consommé.

« Nous comprenons Hydro-Québec et le gouvernement d'être prudents avec l'attribution des ressources hydroélectriques pour ces projets. Il y a des joueurs qui veulent s'installer ici juste pour profiter de l'électricité bon marché, admet M. Quimper. Mais nous, nous voulons prendre modèle sur les alumineries. Ce sont de grandes consommatrices d'électricité, mais elles créent de l'emploi. »

« On sait qu'on doit apporter des retombées économiques au Québec. On veut créer de l'emploi et payer des impôts ici », ajoute l'entrepreneur, qui a fait ses premières armes dans les affaires en mettant sur pied des serveurs internet Globotech alors qu'il n'avait que 14 ans.

SIX FOIS LA ROMAINE EN ÉLECTRICITÉ

Mais Bitfarms n'est pas la seule entreprise de minage à vouloir obtenir un tarif commercial d'Hydro-Québec. La société d'État confirme avoir reçu une centaine de demandes pour un total de 9000 mégawatts, soit six fois la production estimée de la future centrale de La Romaine.

Alors que la demande mondiale actuelle d'électricité pour alimenter l'ensemble des transactions en bitcoins est évaluée à 2550 mégawatts selon Bitfarms, la Fondation Rivières regarde avec méfiance l'arrivée des mines de cryptomonnaie au Québec. « C'est inquiétant. Ce sont des investissements qui ne créent pas beaucoup d'emplois », affirme son président, Alain Saladzius. 

« Si cette nouvelle industrie occasionne la construction de nouvelles centrales, pour nous, ce serait inconcevable que le prix de l'électricité qu'on leur vend soit inférieur au coût de ces constructions. » - Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières

Hydro-Québec a d'ailleurs entamé une réflexion avec le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec pour trouver la meilleure façon de faire face à la demande exceptionnelle. En attendant, elle n'octroie plus de tarif commercial pour les mineurs de cryptomonnaie.

« LE RISQUE DOIT SE PAYER »

« La demande qu'on a de ce secteur est trop forte, surtout pour les pointes hivernales. On a 200, 300 heures au Québec où la demande est extrêmement forte. Si on ajoute 3000 MW de blockchain, ça pourrait être un problème », explique Marc-Antoine Pouliot, porte-parole d'Hydro-Québec.

Les réserves de la société d'État sont partagées par l'expert Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie. « Si ces cryptomonnaies sont un feu de paille - une possibilité avec toutes nouvelles technologies -, Hydro-Québec pourrait se trouver dans une situation où elle a renoncé à certaines opportunités, par exemple en exportation, pour des compagnies qui pourraient disparaître dans quelques années, a expliqué M. Pineau par courriel. Est-ce alors sage de leur donner un bas tarif s'il y a un risque pour Hydro-Québec ? Le risque doit se payer. »




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