Près du tiers des employeurs de l'industrie du pétrole et du gaz naturel s'attendent à ce que 2017 soit une autre année difficile, après que 65 % d'entre eux ont coupé dans leur effectif cette année, selon une enquête réalisée par la firme de recrutement Hays Canada.

Publié le 29 nov. 2016
Dan Healing LA PRESSE CANADIENNE

Environ 28 % des employeurs du secteur de l'énergie s'attendent à embaucher moins de personnes en 2017 que cette année, tandis que 15 % d'entre eux tablent sur une certaine croissance. Environ la moitié d'entre eux prédisent une stabilité, a précisé la firme de Calgary, qui dévoilait mardi son sondage annuel sur les intentions d'embauche.

Selon le vice-président de Hays, Jim Fearon, l'industrie a connu «deux années très turbulentes», mais plusieurs employeurs ont bon espoir que le pire est derrière eux.

«Je crois que davantage de personnes sont prudemment optimistes et jugent que le marché a touché son creux», a-t-il indiqué.

L'Association canadienne des producteurs pétroliers estime qu'au moins 44 000 emplois directs ont été perdus dans l'industrie du pétrole et du gaz naturel depuis le début de la crise, en 2014.

L'enquête de Hays a en outre révélé que plusieurs patrons de sociétés énergétiques craignaient que la reprise soit plus difficile parce que les travailleurs qualifiés quittent l'Alberta pour trouver des emplois dans d'autres secteurs. La concurrence la plus importante proviendrait de la Colombie-Britannique et de l'Ontario.

Dans un rapport distinct, la société AltaCorp Capital, de Calgary, a indiqué que les entreprises albertaines du secteur de l'énergie choisissaient de réduire le nombre d'emplois, plutôt que la rémunération, pour tenter de limiter les coûts en cette période de faiblesse des prix des matières premières.

Les entreprises du secteur pétrolier et gazier ont éliminé environ 29 % de leurs effectifs au cours des deux dernières années, a précisé AltaCorp, mais les travailleurs restants gagnent toujours environ 2300 $ par semaine. Cela représente une hausse de près de 25 % par rapport à il y a cinq ans.

À l'échelle du pays, le sondage réalisé par Hays auprès de 4000 employeurs et employés a révélé que les attentes de croissance des entreprises pour toutes les industries étaient légèrement plus élevées qu'il y a un an. Cependant, environ la moitié des employeurs n'ont pas l'intention d'augmenter les salaires ou d'embaucher.

Les salaires moyens devraient augmenter d'un taux «nominal» de 3 % ou moins, conclut l'enquête. Le tiers des employeurs ont l'intention d'augmenter leur nombre d'employés et la moitié prévoient plutôt laisser inchangée la taille actuelle de leur effectif.